‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 73 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

f arc tus <lß la dimension d’une tête d’épingle jusqu’à celle d’une pièce d’un mark, la plupart superficiels. Au niveau de ces infarctus, on trouvait de petites vésicules et pustules, ou bien, la plèvre était détruite par une ulcération arrondie. L’examen bactériologique donna une culture pure de staphylocoques.

Le médecin qui m'a communiqué cette observation m’écrit encore : « Bien qu’on ne puisse pas conclure avec certitude que la stase ait provoqué la formation des thrombus, elle l'a cependant sûrement favorisée et la force d’aspiration a eu pour effet de désagréger les thrombus et de les lancer dans la petite circulation ».

Il ne me semble pas que cette conclusion soit juste ; les symptômes de la maladie, sa marche et le résultat de l'autopsie sont typiques du furoncle malin de la face, tel qu'on le décrit dans les livres, et on sait qu'il est presque toujours mortel. Il me paraît donc très probable que ce malade n’est pas mort à cause, mais malgré l’emploi de l’hyperémie par stase.

J’aurais procédé autrement dans le traitement de ce cas ; premièrement, je n’aurais pas incisé le furoncle et j’aurais employé une petite ventouse au lieu d’une grande cloche à aspiration : c’est justement pour les petits furoncles dangereux, produisant des phénomènes inflammatoires éloignés, que la grande ventouse ne convient pas comme, du reste, la ventouse ordinaire. Klapp a fait construire, spécialement pour ces cas, une toute petite ventouse, représentée dans la figure 10 /jet il l’a employée dans plusieurs cas graves avec de bons résultats.

Je suis heureux de pouvoir assurer que je n’ai pas encore vu un seul cas d’inflammation aiguë et de suppuration — excepté l’érysipèle, sur lequel on ne peut pas encore se prononcer avec certitude — où des effets nuisibles sérieux ou même la mort d'un malade aient pu être imputés, avec quelque vraisemblance, à la stase hyperémique. Je ne veux pas prétendre qu'il en sera toujours ainsi à l'avenir, et ce n’est, même pas probable. En effet, tout nouveau procédé de traitement exige un apprentissage dont il faut payer les frais et, sans sacrifice de santés et de vies, les méthodes thérapeutiques les plus remarquables et les plus importantes n’auraient jamais pu être introduites dans la pratique. Combien de cas d’intoxication par le phénique, par exemple, l’antisepsie n'a-t-elle pas causés ? Il en est de même pour la technique de presque toutes les méthodes opératoires. Combien

de membres et de vies n ‘a-t-il pas fallu sacrifier pour un procédé aussi simple, en apparence, que la réduction de la luxation congénitale de la hanche, avant d’arriver aux méthodes actuelles, relativement peu dangereuses ?

Parmi les observations d'autres auteurs, qui sont consignées jusqu’à présent dans la littérature, je ne puis admettre — excepté encore, pour l’érysipèle — que les critiques de Leser. Il semble résulter, avec quelque vraisemblance, de son observation, que l’hyperémie aurait eu un effet nuisible en favorisant la production de nouveaux abcès. Seule, une grande expérience pourra dire s’il s’agissait d'un cas spécial, comme il semble résulter de mes observations, ou si la bande élastique présente vraiment un danger dans la septicémie en général, en provoquant le développement d’abcès au niveau de son point d’application.

Mais surtout, et je le répète encore une fois, il ne faut pas s’imaginer qu’il n’y aura plus de décès par suite d’infection septique, après l’introduction de l’hyperémie par stase et il faut songer que, dans les suppurations dangereuses, la vie a toujours plus de valeur que le membre atteint. C’est pourquoi, quand même j’ai fait l’essai de traiter les suppurations par de petites incisions dans le but d’obtenir un meilleur fonctionnement, on ne doit plus tenir compte de celte considération dès que la suppuration met la vie en danger. Il faut alors inciser largement et, lorsque c’est nécessaire, amputer au moment voulu et à temps. Il est vrai que si une amputation doit être pratiquée dans ces circonstances, la décision de chaque chirurgien n’est pas seulement influencée par son opinion et son expérience, mais aussi par son tempérament. Personnellement, j’ai une grande aversion pour toutes les interventions chirurgicales qui mutilent ou enlaidissent l’individu et c’est la raison qui me rend excessivement conservateur dans les cas où une difformité quelconque risque de se produire.

TRAITEMENT DES INFLAMMATIONS ET DES SUPPURATIONS AIGÜES PAR LA VENTOUSE ET LES APPAREILS D’ASPIRATION

A Kiel et à Greifswald, je n’ai pas employé, pendant plusieurs années, les ventouses et les appareils d’aspiration dans les affections inflammatoires aiguës, sinon pour le traitement des

Page 1