‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 74 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

furoncles presque exclusivement : dans d’autres cas, je m’en servais, du reste très fréquemment pour hyperémier. Ici, je n'avais pas seulement en vue la production de l’hyperémie, mais aussi l’aspiration, par l’air raréfié, du pus et des bourbillons nécrosés, ce qui réussissait tout à fait bien. Tillmann surtout, sur mon conseil, a fait un grand nombre d’expériences à la policlinique de Greifswald. Mais il n’a pas été très satisfait des résultats obtenus. Il trouvait que l’application des appareils était trop douloureuse pour les malades, en même temps que l’hyperémie produite était trop considérable. Les expériences de Tillmann m’avaient engagé, alors, à interrompre ce traitement pour les furoncles. Klapp a recommencé, dernièrement, à appliquer ce procédé dans notre clinique chirurgicale ; il l’a étendu aux inflammations et aux suppurations de toute espèce et il en a si bien perfectionné la technique, qu’il est arrivé à obtenir des résultats remarquables. Voici les prescriptions formulées par Klapp : Il faut appliquer les ventouses 3/i d’heure par jour dans les inflammations et suppurations aiguës locales, de telle façon que la cloche d’aspiration reste placée environ 5 minutes sur la région enflammée, on l’enlève ensuite pendant 3 minutes environ, puis on l’applique de nouveau pendant 5 minutes et ainsi de suite.

Pour le traitement des furoncles, des anthrax et des suppurations infectieuses de même nature. Klapp conseille d’enduire le foyer et la région avoisinante, sur une grande étendue, d’une épaisse couche d’un corps gras, afin d’éviter les ensemencements microbiens et l’infection des follicules pileux (vaseline et lanoline, parties égales).

Pour la même raison, on nettoie minutieusement avec de la benzine, avant et après l’aspiration, toute la région intéressée.

Dans les inflammations aiguës, il faut qu’il n'y ait qu’une faible raréfaction de l’air dans les ventouses. C’est la seule façon d’éviter des douleurs inutiles et d’arriver à obtenir le degré exact de l’hyperémie.

Les inflammations aiguës locales qui, jusqu’à présent, ont été influencées favorablement par l'aspiration sont : les furoncles, anthrax, bubons, abcès aigus, mastites, infiltrations, plaies infectées anciennes et récentes, plaies granuleuses avec granulations de mauvais aspect, piqûres d’insectes, panaris, onyxis, phlegmons du plancher de la bouche, etc., au total plus de 1000 cas.

Nous n’avons jamais été obligé de suspendre le traitement et nous avons toujours obtenu la guérison sans pratiquer les grandes incisions, que nous faisions précédemment; nous avons toujours réussi en employant uniquement l’aspiration ou en y joignant de petites incisions peu nuisibles.

Nous avons employé exclusivement le traitement par l’aspiration. selon la méthode décrite, dans les infiltrations, les plaies fraîches souillées, les plaies anciennes infectées et les panaris, en un mot, dans toutes les affections où il n’y existait pas d’abcès, mais seulement de l’inflammation. Nous avons incisé tous les abcès, dans les meilleures conditions possibles, avec l’anesthésie locale par le chlorure d’éthyle.

La guérison est incomparablement plus rapide qu’avec nos anciennes méthodes. Les furoncles guérissent ordinairement en 5 jours, les anthrax en 10-15 jours sans autre traitement que l’aspiration et l’enlèvement des bourbillons avec un pince ou des ciseaux.

On ouvrait les abcès furonculeux en pratiquant une petite incision. Il faut surtout inciser les abcès des glandes sudoripares du creux de l’aisselle, qui sont assez fréquents ; le pus est ensuite aspiré rapidement et facilement avec une ventouse.

Ce mode de traitement a également un effet rapide et satisfaisant sur les furoncles et les anthrax des diabétiques. Cependant, la guérison est un peu plus lente et le traitement se prolonge à cause des nouveaux abcès qui se forment successivement. Le docteur Grube, de Neuenahr, qui a l’occasion de traiter un grand nombre de furoncles et d’anthrax d’origine diabétique, par le fait de la clientèle spéciale de cette ville d’eaux, m’a déclaré qu’il était très satisfait de la méthode d’aspiration. Il traita, entre autres, deux cas graves d’anthrax diabétiques et il constata que la guérison était beaucoup plus rapide qu'avec l'ancienne méthode ; en outre, l’inflammation ne se propageait pas, l’état général n’était pas altéré et les anthrax n’avaient pas le caractère malin habituel. Colley1, par contre, signale le danger du traitement des diabétiques avec la bande élastique et les appareils d’aspiration. Il employa la bande élastique dans deux cas

1 Colley, Beobachtungen und Betrachtungen über die Behandlung akut eitriger Prozesse mit Bier’scher Stauungshyperämie. Münchner med . W., 1906, n°8.

Je regrette beaucoup d’avoir eu connaissance du travail de Colley seulement après la terminaison de l’impression de la partie générale de ce livre. J’aurais mis à profit plusieurs de ses importantes observations .

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