PARTIE SPÉCIALE
rations produites par des fils. Il nous a parfaitement réussi ainsi qu’à d’autres auteurs (travaux de Frommer. Lossen, Käfer). Les fils s’enkystent plus tard, ou bien la ventouse les aspire peu à peu.
Les résultats favorables que le traitement par l’aspiration a permis d’obtenir dans toutes sortes d’inflammations et de suppurations aiguës, peuvent conduire à l’idée de traiter aussi les phlegmons graves, par exemple les panaris avec infection des gaines tendineuses, avec mes grands appareils d’aspiration. Nous n’avons fait, jusqu’à présent, qu’un petit nombre de timides expériences, mais nous comptons les poursuivre avec prudence.
Dans les suppurations aiguës, l'aspiration a deux grands avantages sur la bande élastique :
1° elle fait sortir le pus d’une façon tout à fait complète et produit une hyperémie efficace et évidemment différente, sous beaucoup de rapports, de l’hyperémie par stase;
2° elle ne paraît pas du tout dangereuse, même entre les mains du médecin maladroit ou inexpérimenté, ce qu’on ne peut pas dire de la bande élastique.
Il est vrai que l’on peut commettre aussi des erreurs en employant les ventouses, comme le prouvent nos premières expériences, qui n’ont pas donné des résultats particulièrement brillants. Je répéterai donc encore une fois, que dans les inflammations aiguës, les appareils d’aspiration doivent être employés avec ménagement et qu’ils ne doivent jamais occasionner ni douleurs, ni hémorragies importantes. Il faut produire une raréfaction d’air juste suffisante pour les fixer, tandis que, pour les affections tuberculeuses, une raréfaction d’air plus forte est permise et même utile. A la policlinique, les patients savent vite distinguer le médecin qui applique correctement les ventouses, c’est-à-dire doucement et avec ménagement, de celui qui les pose mal, c’est-à-dire brusquement et avec une main dure.
Il ne suffit pas de se borner simplement à aspirer le pus, mais il faut produire aussi une hyperémie favorable et de longue durée, pour obtenir la guérison des abcès. C’est ce qui explique pourquoi les rares essais d’aspiration par les ventouses tentés par les anciens médecins n’ont pas eu de suites, et qu’il n’en est pas résulté une méthode de traitement éprouvée. On trouve seulement quelques brèves citations indiquant que tel ou tel médecin a utilisé les ventouses pour le traitement des abcès.
Ainsi on peut lire dans la description des bubons de Nicolas Florentinus *, qu’en plus du traitement par les emplâtres, les cataplasmes et d’autres moyens, il faut aussi tenir compte de Yextractio puris cum incisione et suctione, i. e. cum ventosis et cum eis, qui trahunt pus post sectionem et apertionem.
Je décrirai le traitement de la mastite puerpérale aiguë, comme exemple du procédé d’aspiration1 2. Il est applicable à toutes les périodes de la maladie, aussi bien aux inflammations au début et aux abcès déjà formés, qu’aux anciennes fistules suppurées et aux indurations cicatricielles.
On se sert, pour le traitement de la mastite, d’une cloche d’aspiration (figure 10 g et h), dont le diamètre est de 2 à 4 cm. plus petit que celui du sein. On peut utiliser une cloche à bords droits, mais il est préférable que ceux-ci soient coupés de manière à s’adapter exactement à la forme de la paroi thoracique ; la malade presse elle-même l’appareil contre la poitrine et le maintient pendant toute la durée de l’aspiration. En raréfiant l’air avec une pompe d’aspiration ou avec un ballon en caoutchouc, on constate que le sein est de plus en plus attiré dans l’intérieur de la cloche. Il prend une coloration rouge bleuâtre et devient turgescent. Les veines cutanées se dilatent et la malade a finalement la sensation que « la poitrine va éclater ». Il ne faut pas pousser plus loin la raréfaction d’air. Tous ces phénomènes doivent se succéder tout à fait sans douleurs.
On fait sortir de la glande, environ 30 à 60 cc. de lait dans les cas récents ; lorsqu’il existe des abcès ou des fistules, on aspire d’abord une grande quantité de sang et de pus, et à la fin de la séance un liquide séro-sanguinolent.
Le lait collecté sous l’influence de la stase doit être complètement évacué ; si la grande ventouse ne l’aspire pas suffisamment, on peut aussi se servir d’une téterelle ordinaire. Pour obtenir une aspiration du lait encore plus complète, on peut utiliser la ventouse allongée à diamètre plus étroit (voir fig. 10 g): le lait est aussi exprimé par la compression latérale produite par l’aspiration du sein dans l’intérieur de la cloche.
L’effet calmant de l’hyperémie se manifeste aussi d’une ma-
1 Gürlt, Geschichte der Chirurgie. Berlin, 1898, 1. 1, p . 823.
2 Les cas traités à la clinique et à la policlinique de Bonn, sont décrits d’une façon détaillée dans la thèse de Bauer : Le traitement de la mastite par les appareils d’aspiration. Bonn, 1905.