PARTIE SPÉCIALE
quille quand il ne se croyait pas observé ; il répondait, d’une façon intelligible, aux questions et pouvait de nouveau se servir de ses mains.
Dès le 23 juin, il ne se produisit plus de mouvements choréiques lorsque le malade était couché et tranquille. Le garçon pouvait manger tout seul des aliments solides ; pour les liquides, il les renversait encore un peu quand il voulait les porter à sa bouche. Dans la suite, il se produisit encore de l’incoordination musculaire à l’occasion des tentatives faites pour saisir des objets et lors des émotions (changement de pansement). Le 12 juillet, la maladie était complètement éteinte.
J’avais consulté, pour ce cas, un de mes confrères de médecine, qui déclara que le cas était fort grave et qu’il considérait même que le pronostic quod vitam était douteux.
92. Au commencement de novembre, un jeune garçon de 12 ans eut une endocardite grave. A la fin du même mois, il se produit de légers mouvements choréiques dans le visage et la jambe droite ; ces secousses augmentèrent dans la suite.
On m’amena ce garçon le 19 janvier 1906, au Johannishospital, après lui avoir fait suivre, sans succès, divers traitements internes. Le malade avait une chorée bien déclarée, limitée essentiellement au côté droit. En marchant, il jetait la jambe droite en la tournant en dehors, en extension forcée ; en même temps, il faisait des mouvements rapides, ataxiques, avec le bras et la main droits. Il grimaçait du côté droit. Au lit, il se conduisait de même, mais son agitation était plus générale et plus forte quand le médecin entrait brusquement dans la chambre. L’enfant élevait brusquement son corps et, en se recouchant, il se tournait maladroitement sur le côté. Il parlait précipitamment, d’une façon saccadée, mais compréhensible. On constate tous les signes d’une insuffisance mitrale.
Le petit malade ne pouvait pas bien s’endormir ; son sommeil était agité et entrecoupé.
Le 14 janvier, une bande élastique est placée autour du cou et laissée pendant 22 heures. Elle provoque une hyperémie intense de la tête.
Immédiatement, le malade dormit beaucoup mieux. Le jour suivant, les secousses avaient beaucoup diminué de fréquence et d’amplitude. On continua la stase de 22 heures. Dès le 18 janvier, les mouvements choréiques avaient totalement disparu. Le 19 janvier, le garçon se leva ; il n’y avait plus trace de la maladie. Par précaution, on continua encore la stase hyperémique, du 19 au 26 janvier, pendant la nuit ; dès lors, jusqu’au 2 février, seulement pendant une heure par jour. Cette chorée opiniâtre, dont l’intensité avait toujours augmenté jusque-là, avait donc complètetement guéri, en 3 ou 4 jours, sous l’influence de l’hyperémie par stase.
Je ne dissimulerai pas que les trois autres cas n'ont pas eu une marche aussi favorable. Il y en a un qu’il faut laisser de côté parce qu'il ne subsistait plus que des traces de la chorée au début du traitement et que je n’ai pu le suivre jusqu'à la fin. Quant aux deux autres, qui étaient des cas graves de chorée, l'un d'eux vint se faire traiter cinq jours après le début de la