‹ L'Hyperémie PassiveChapitre 10 sur 18 · PE · texte numérisé non relu

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salle Gosselin, le 21 février 1907.

, Yingtetun ans, journalière au Mans, entre à l'hôpital,

C’est une primipare ayant accouché normalement, le 1e janvier 1907. d’un enfant bien portant. Elle l’allaite elle-même sans rien de particulier jusqu'au 1*% février. À cette date son sein gauche devient très douloureux, mais elle continue quand même à allaiter avec ce sein. Huit jours après, la douleur étant trop forte, elle fait seulement téter du côté droit et vide le sein. gauche à l’aide d’une téterelle, Mais malgré ces précautions la douleur augmente et le sein continue à grossir. Elle entre le 2r février : le sein gauche est globuleux, la peau est tendue et luisante prête à crever. On sent, à 2 centimètres au-dessus du mamelon, à l'endroit où la peau est le plus amincie, une fluctation très nette. On applique sur le mamelon une ventouse pour faire sortir le lait.

Le 22, on pratique au milieu de la région ramollie, une simple. ponction en croix suivie de l’application de la cloche à aspira-

tion. Trois applications successives donnent: issue À environ

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80 grammes de pus et de lait chacune, on fait ensuite trois autres applications qui ne ramènent rien. La ventouse n’est pas douloureuse, elle amène au contraire un réel soulagement chez la malade.

Le 25 on renouvelle l'application de la ventouse ; la première seule ramène du pus La malade continue à allaiter son enfant du sein droit trois fois par jour.

Les 24, 25, 26, même façon de procéder, il vient peu ou pas de pus ; la téterelle appliquée dans la journée sur le mamelon fait sortir du lait. ,

Les 27 et le 28, l’orifice de la ponction étant fermé les. ventouses amènent l'issue de lait par le mamelon.

Le 29, la malade est guérie et sort de l'hôpital, on lui donne le conseil de se servir de la téterelle chez elle encore pendant quelques jours,

Elle sort donc de l’hôpital rapidement avec une cicatrice

pour ainsi dire invisible et aussi avec la fonction de sa glande

absolument conservée.

OBSERVATION XVI (D: Lapeyre . de Fontainebleau.) (x)

Traitement d'un érysipèle ambulant par la stase

hyperémique passive

Je fus appelé dans les derniers jours du mois de février, auprès d’un malade atteint d’un érysipèle. Il présentait tous les

symptômes habituels : plaque saillante irrégulière et luisante

1. Journal de Médecine et de Chirurgie pratiques, 10 mal 1907, art. 21580.

au niveau du nez ; frisson initial, nausée, céphalalgie, éléva-

tion de température très accentuée : 39°9 sous l’aisselle.

Le marche fut celle d’un érysipèle ambulant : bientôt l'œil, le front, le crâne furent atteints, puis les oreilles, la région cervicale. Le traitement fut au début purement symptomatique : quinine, pommade légèrement salicylée pour protéger les mu-

queuses respiratoires, alimentation forcément très restreinte.

J'ajoutai quelques frictions au collargol quelques badigeon-

nages au collodion ichtyolé.

Sans croire qu'il y ait lieu de s’en montrer surpris tous ces

remèdes furent également inefficaces. L'érysipèle continua sa

marche : le thorax, les bras, le ventre furent atteints. Au bout

du vingtième jour ce fut le tour des membres inférieurs. C’est à ce moment que j'eus l’idée d'essayer de la compression élastique. N'ayant sous la main qu’un peu de caoutchouc représenté par une paire de jarretières simplement cousues et dépourvues de boucle métallique, je l’appliquai entre le tiers moyen et le tiers inférieur de la cuisse et bien entendu aux

deux membres.

Je recommandai à mon malade très docile, très désespéré de voir cet envahissement que rien ne pouvait endiguer de garder ces deux liens aussi longtemps que possible. |

Je ne puis pas évaluer exactement la compression qui était exercée ; il suffit pour y arriver approximativement de songer que c'était une paire de jarretières pour une jambe moyenne, que mon malade était de corpulence moyenne, qu’enfin ces jarretières faites pour être portées immédiatement au-dessus du genou étaient placés 25 centimètres au-dessus. La compres-

sion était donc représentée par celle que donne une jarretière

augmentée de celle que donnait la différence entre le diamètre du genou et celui du tiers inférieur de la cuisse. Le malade supporte cette constriction pendant six jours con-

sécutifs, sans accident. Il y eut simplement pendant les deux

derniers jours un peu d’œdème des deux membres, de l’engour-

dissement, et une teinte légèrement violacée de la peau.

À partir du moment où le traitement fut appliqué, la marche de cet érysipèle essentiellement ambulant fut complètement arrêtée. La température s’abaisse progressivement pour revenir à la normale à partir du quatrième jour de traitement. J "es time que grâce à cette thérapeutique, le malade put se lever dix à douze jours plus tôt que si on était resté dans l’expec-

tative habituelle.

3° Affections des ganglions. — N'ayant pas encore vu traiter par la stase veineuse des adénites chroniques nous nous contenterons de parler des adénites aiguës.

On a presque toujours affaire à des adénites du cou et de l’aine. Aussi doit-on toujours avoir recours aux ventouses ou aux appareils d'aspiration. Cependant pour des adénites du creux poplité par exemple, on pourrait très bien recourir à la bande élastique.

Voici la technique que nous suivons. Après avoir lavé et préparé la peau comme pour une opération chirurgicale, nous appliquons la ventouse si le ganglion n’est pas suppuré, exactement comme pour un furoncle au début. Si le ganglion est ramolli et sup-

puré, nous faisons dans les points où la fluctuation est très nette des ponctions au bistouri avec anes- ‘Lhésie locale au chlorure d’éthyle. Puis immédiatement après, nous appliquons la ventouse ainsi qu'il a été dit plus haut. LEA |

L’aspiration ne devra pas être forte, surtout si on a affaire à une adénite du cou chez les jeunes sujets à peau délicate pour éviter les ecchymoses qui persistent assez longtemps. Les séances devront, comme d'habitude, durer une heure.

Les résultats sont souvent remarquables, la douleur disparaît rapidement, le pus est très vite tari et les phénomènes inflammatoires cessent en deux ou trois jours.

Nous avons déjà vu que, lorsque l’adénite provient d’une plaie infectée, il n’est pas besoin d'agir localement sur les ganglions, il suffit de traiter la cause sans se préoccuper de l’adénite. Nous avons aussi fait remarquer que dans les cas de plaies des membres, la bande élastique agissait aussi bien sur le segment périphérique où se trouvait la plaie que sur le segment central.

Dans les adénites tuberculeuses on pourra recourir aussi à la stase hyperémique avec beaucoup moins de chances de succès, cela va sans dire.

I est bien certain d’abord que la marche de l’affection qui a causé l’adénite ne sera influencée qu’autant que la stase pourra agir en même temps sur la cause première et sur l’adénite comme dans le cas cité par M. Delagenière, où la bande servait en même temps

à traiter l’ostéite tuberculeuse du tarse et l’adénite

poplitée qui en était la conséquence. Il n’en est pas

moins vrai que si une poussée aiguë se manifeste dans des ganglions tuberculeux, l’application d’une ventouse, suivant la méthode générale, fera disparaitre immédiatement les accidents aigus.

OBSERVATION XVII (personnelle, inédite)

H... Raoul, trente et un ans, surveillant aux tabacs, entre à

l’hôpital le 7 avril 1907.

Le malade a eu un chancre il y a sept mois, la roséole il y a

deux mois, il entre pour une adénite de l’aine gauche suite d'ulcération encore visibles du gland. Début il ÿ a trois semaines, il continue quinze jours à travailler mais s’est arrêté depuis huit jours pour se soigner. Il s’applique sur la région douloureuse des cataplasmes et se fait des onctions à l’onguent ; napolitain belladoné. La région interne du pli de l’aine est rouge, tuméfiée, mais on ne sent pas nettement de la fluctua-

tion.

On fait suivre au malade le traitement spécifique avec injec-

tion de biiodure, et on lui fait sur ses ulcérations des pansements au calomel. Six jours après le malade présentant de la stomatite on cesse les injections.

L'adénite étant en voie de ramollissement on pratique en

un point fluctuant, après avoir rasé le malade, une ponction

cruciale et on applique une ventouse. On retire en trois séan-

ces la valeur d’un verre à liqueur de pus. L'application est

continuée pendant une heure et reprise les jours suivants pen-

. dant le même laps de temps.

Delon 5

Le 20, un point plus externe s'étant ramolli, on pratique une nouvelle ponction suivie d'application de ventouse. La guérison est complète le 23. ; : ) Entre temps le côté droit s'était pris aussi, et le 21 on avait fait une ponction. Ce côté guérit comme l'autre le 23 et le

malade sort le 24.

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