‹ L'Hyperémie PassiveChapitre 9 sur 18 · PAS ET · texte numérisé non relu

PAS ET

| AUS ï.

Le malade étant arrivé trop tard à l'hôpital on ne commence

le traitement que le lendemain matin. La bande est appliquée

ÿ pendant deux heures consécutives le matin et le soir, et ne ma-

lade prend un bain de bras d’une heure.

Le 29,la fièvre commence à tomber, on fait une application plus longue de la bande (six heures), la douleur est absolument calmée. Nouvelle séance le soir.

Le 30, la fluctuation est très nette sur le dos de la main,on fait une ponction et on applique une ventouse (4 séances de 5 minutes). À la quatrième séance il ne sort plus rien.

Pendant les cinq jours qui suivent application de la bande

matin et soir. Le malade sort guéri le 6 décembre.

OBSERVATION VI (inédite)

(Recueillie dans le service du Dr Drouin, par M. Molveaux,

interne du service)

Abcès péri-rotulien: — Ventouses et bande. — Guérison

O..., quarante-deux ans, charron à Noyen.entre à l'hôpital, pavillon Pasteur, le 13 avril 1907 à huit heures du soir. Le genou

droit est gonflé.et rouge. On sent partout de la fluctuation. Les dépressions latérales sont comblées, la région est douloureuse.

La température est de 38°8. La porte d'entrée de l'infection est inconnue, cependant le malade dit avoir eu quelques jours auparavant une petite plaie infectée de la malléole externe. La jambe et la cuisse sont rouges, il y a une légère adénite du pli de l’aine.

Le 14, anesthésie générale au chlorure d'éthyle, on pratique

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trois ponctions, une à la face externe, une à la face interne, l’autre à la face antérieure au-dessous de la rotule, puis on applique sur chaque orifice une ventouse, que l’on applique cinq fois de suite, puis on applique la bande deux heures dans la journée.

Le 15 on fait trois applications de ventouses pendant cinq minutes chaque fois, eton applique deux fois la bande pendant une heure.

Le 16, 17, 18 et 19 même façon de procéder. Le malade sort guéri le 20. Pendant toute la durée du traitement, le genou a

été recouvert d'un pansement aseptique.

OBSERVATION VIT (personnélle, inédite)

Phlegmon de la main et de l'avant-bras.

Méthode de Bier.— Guérison en huit jours

W... Henri trente et un ans, forgeron, entre à l'hôpital salle Velpeau le 5 avril 1907.

Le malade déclare avoir été piqué deux jours avant, probablement par un insecte, au poignet. La région est très douloureuse, l’ædème et l’inflammation remontent jusqu’à l’articulation du coude dans laquelle tout mouvement est impossible. La peau de l’avant-bras et amincie, rouge et luisante, et on sent nettement de la fluctuation au tiers supérieur et externe. On remarque sur le bras des traînées très nettes de lymphargite remontant jusqu’à l’aisselle qui est elle-même le siège d’une adénite peu volumineuse. La température est de 39° 5.

Dès l’arrivée du malade, la bande élatique est mise en place,

à 4 heures du soir, le lendemain 6 elle est enlevée À 9 heures

du matin : le malade qui n'avait pas pu reposer les nuits précédentes a pu prendre un peu de sommeil,la douleur ayant complètement disparu vers 9 heures du soir. La température est tombée à 37°5, la lymphangite du bras a disparu, mais l’œdème de l’avant-bras et la rougeur ont augmenté, la fluctuation est aussi nette. Le soir nouvelle application de la bande pendant quinze heures consécutives,le lendemain 7,tous les phénomènes d’inflammation ont à peu près disparu. Notre collègue Vasselin qui nous remplace pour la journée, ne trouvant plus que de la fluctuation, décide de ponctionner l’avant-bras et d'utiliser la ventouse,qui est appliquée pendant une heure de cinqen cinq minutes. Il s'écoule une grande quantité de pus. Lesoir la bande est remise en place comme précédemment. Le 8 et le 9 on applique la ventouse le matin, et la bande le soir, jusqu’à matin,

Le 10, le 11, et le 120n applique seulement la bande le soir pendant 6 heures.

Le 13, le malade sort guéri sans cicatrice apparente et

sans roideur articulaire.

OBSERVATION VIII (personnelle, inédite)

Phlegmon des gaines des fléchisseurs avant-bras droit

Bande élastique. — Guérison.

F... Louis, trente sept ans, camionneur au Mans, entre à l'hôpital, salle Velpeau, le 3 mairgo7, pour un phlegmon de la main et de l’avant-bras droits intéressant surtout les gaines des fléchisseurs. Dix jours avant,en exerçant son métier

decamionneur, F,.. s'était enfoncé dans l’éminence thénar une

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pointe assez longue qui l'avait traversée de part en part. La

pointe rouillée avait été retirée immédiatement, mais aucun

soin de propreté n'avait été pris, le sang avait seulement L4 L YA £ “ 1” id d’ h > était arrêté par compression à l'aide dun mouchoir.

Le lendemain, ja main était devenue douloureuse en même temps que paraissaient tous les signes d’un phlegmon. Un médecin appelé prescrivit des bains de sublimé et des pansements humides. Aucune amélioration ne se produisant la société d’as-

surances envoie le malade à l'hôpital. À son arrivée, le 3 mai,

la main est énorme, les. doigts sont écartés, aucun mouvement

actif et passif n’est possible, et le moindre attouchement

provoque de vives douleurs. Le malade qui est ua éthylique

avéré est délirant, bien que la température ne soit que de 3802.

On prescrit une forte portion de Todd et l'application immé-

diate de la bande de Bier. On sent sur le dos de la main et à la face interne du poignet de la fluctuation très nette. À ces deux endroits d'ailleurs la peau est amincie et luisante, néanmoins on ne pratique aucune ponction. Le lendemain matin le malade est plus calme la température est de 37° 2. Un œdème considérable remonte jusqu'au niveau du point d'application de la bande. La bande est enlevée à 3 heures après midi et remise en place deux heures après. Dès le troisième jour la douleur ayant absolument disparu nous commençons à pratiquer des séances de mobilisation des doigts et du poignet que le malade continue lui-même, la bande étant en place. Le cinquième jour, c’est-à-dire le 8 mars, pour voir ce que devient l’épanchement nous n’appliquons pas la bande .de façon à faire disparattre complètement l'œdème et le 9au matin nous sommes très étonné de voir que la main est beaucoup moins gonflée

que le jour de l’arrivée. L'épanchement tend sans nul doute à

pe

disparaître. On continue les séances de vingt-deux heures pen dant cinq jours encore ; le 14 mai, la bande étant enlevéela main paraît complètement désenflée, aussi cesse-t-on les longues séances pour se contenter d'appliquer la bande pendant la nuit. Le quinzième jour le malade est complètement guéri, on fait par précaution pendant deux jours de courtes séances matin et soir, et le 20 mai, c’est-à-dire dix-sept jours après son entrée, il sort . de l’hôpital absolument guéri avec tous ses mouvements sans avoir subi la moindre intervention et sans jamais avoir eu de

pansement.

OBSERVATION IX (personnelle inédite)

Lymphangite aiguë quérie en trois jours (Méthode de Bier)

G... Armand, boulanger, vingtans, au Mans, entre à l'hôpital, salle Velpeau, le 18 février 1907. Il présente en arrière de la malléole externe gauche une petite plaie produite par les chaussures. Cette plaie mal soignée et infectée a déterminé une zone de lymphangite en plaque remontant jusqu'à mi-jambe ; des traînées de lymphangite remontent jusqu’à l’aine qui est indurée et douloureuse. La température est de 38 degrés. Dés son arrivée la bande est appliquée à la partie moyenne de la cuisse pendant une heure, Le lendemain matin, 19, M. Delagenière prescrit une iongue séance ; appliquée à 10 heures du matin la bande est enlevée le lendemain à 8 heures. Lorsque l’œdème et la coloration violette causés par la bande ont disparu on voit que l’adénite a disparu et qu'il ne-reste plus qu'une plaque de lymphangite siégeant autour de la plaie qui a, pris meilleur aspect. Le 20, séance de vingt-deux heures, Le 21, le malade

peut être considéré comme guéri; on fait néanmoins une appli-

cation durant toute la nuit. Le 22 et le 23,le malade se lève, mais par précaution 6n fait matin et soir une application d’une

heure.

Le 24, il sort et reprend son travail.

OBSERVATION X (Inédite)

(Due à l’obligeance de M. le D: Troussard, ancien interne de l'hôpital du Mans.)

Mwe B..., de Marolles, trente-cinq ans, s'enfonce une écharde sous l’ongle du pouce gauche le 3 février 1907, elle la retire elle-même. Dans la nuit du 5 au 6, elle ne dort pas, elle a la fièvreet sent de violents battements dans son doigt. Le 6 elle vient à ma consultation. Je lui conseille l'application de la bande élastique à défaut de ventouse. Je lui fais dans les vingtquatre heures six applications-de quinze minutes chacune et rien autre chose. La fièvre tombe, les douleurs diminuent et la guérison complète est obtenue en quatre jours, ce qui me * parut très remarquable, car j'avais déjà traité par d’autres procédés deux ou trois cas semblables qui s'étaient terminés par

nécrose de la phalangette.

OBSERVATION XI (Inédite)

(Dr Troussard.)

Me H..., dix-sept ans, domestique à Avesnes, se fait, en soignant le bétail, une piqûre septique au niveau de la deuxième phalange de l'index droit le 20 avril 1907.

Le lendemain, douleur, pas de sommeil deux nuits consé-

cutives ; vient à ma consultation le 23. Le doigt est tuméfié,

DR D a NE er -, CES RER Dog.

* fe 59 à

douloureux, les mouvements sont impossibles. Je prescris des bains de sublimé à 1/4000 et l'application de la bande pendant trois heures par jour. La bande appliquée à la racine de l'index est très bien supportée, Le 24, je pratique une ponction perpendiculaire jusqu'à l'os. Peu de pus, les séances de bandes sont continuées. Le 25 encore un peu de pus. Le 26 et le 27, trois séances de bandes par jour, puis une seulement le os : la malade est guérie le 30, mais ayant un repos de douze jours pour l’assurance elle ne reprend son travail que le 6 mai, sans

A ,* aucune gène, les mouvements de l’index sont normaux.

OBSERVATION XII (Inédite)

(Recueillie par M. Molveaux, interne dans le service

du Dr Meyer, remplaçant le Dr Delagenière.)

Plaie ulcérée avec gangrène de la peau

C... Louis-Eugène, quatorze ans, entre à l'hôpital, salle Marjolin, le 29 septembre 1906 à 4 heures du soir, Température 38°8. Pouls 90.

Il y a trois semaines, à la suite d'une marche pieds nus sur du gravier, le petit malade avait présenté une ampoule au talon qui avait été percée, à ce que dit la mère, avec une aiguille et du fil très propres, ce qui n’empècha pas que deux jours après le pied et la jambe étaient enflés. Sans voir de médecin la mère met des cataplasmes et fait prendre tous les soirs des bains de pied d’eau bouillie avec écorce de safran et pointes de cassis. L'état continue à s’aggraver et ce n’est qu'au bout de trois semaines qu'on appelle le médecin qui fait des scarifica-

tions et envoie l'enfant à bhôpital.

Le malade présente au niveau de la malléole externe du pied gauche une plaie ulcérée de 10 centimètres de long sur 5 de large, partant du bord externe du pied, la peau est rouge au milieu et noire sur les bords. Sur les deuxième et troisième orteils on voit des plaques bleues qui ont été incisées par le médecin,

‘on retrouve des plaques semblables sur la face antérieure de la jambe au-dessus de l'articulation tibio-tarsienne. Les orteils sont blancs et insensibles, toute la jambe est œdématiée. La région inguino-crurale est indurée et douloureuse, un liquide séro-purulent s'écoule de la plaie, on fait un pansement humide et M: le Dr Meyer prescrit l'application de la bande élastique par séances de cinq minutes répétées pendant une héure avec des intervalles de repos de trois minutes.

Le 30, la plaie présente le même aspect.

Le re octobre, la plaie est la même, mais la lymphangite commence à diminuer.

Le 2, la lymphangite a disparu, l’'empâtement de l'aine diminue. |

Le 3, la plaie est très propre, les taches bleues commencent à disparaître, Quant à l’adénite de l’aine, elle n'existe plus.

Le 4, le sphacèle est éliminé, la plaie est très propre et on n'a plus aucune complication à redouter.

On continue les pansements humides et la bande élastique, le

malade sort guéri les 15 octobre.

ce -

ï OBSERVATION XIIT (personnelle, inédite)

Gangrène sénile dü gros orteil gauche. — Amputation. Méthode de Bier.

V... Prosper, cinquante-deux ans, cultivateur à Vibraye, entre à l'Hôpital Pavillon Pasteur, le 2 janvier 1907, pour une gangrène du gros orteil gauche. Le malade qui a fait des abus d'alcool est artério-scléreux, on ne trouve pas de sucre dans ses urines. Il n’y a pas de ligne de démarcation bien nette entre le tissu sain et la partie gangrenée. Pour faciliter l’apparition du sillon, on applique la bande de Bier par séances de cinq minutes

pendant une heure matin et soir pendant deux jours. Le 4, bien

qu'on ne sente que difficilement battre la pédieuse, M. Dela-

genière, se fiant dans la bande élastique, pratique l’amputation au ras de la partie gangrenée, c’est-à-dire qu’en plus de l’orteil, il enlève une partie seulement du métatarsien. L'intervention fut donc réduite au minimum. La piaie est refermée sauf en un

point pour laisser passer une petite mèche qui est enlevée qua-

ranté-huit heures après. La bande élastique est appliquée

matin et soir pendant une heure par séances de cinq minutes, et non seulement le lambeau n’a aucune velléité de se gangrener, mais encore la réunion se fait per primam, sauf à l’endroit où était la petite mèche et où une fistulette persista pendant près d'un mois. Toutefois le 10 février, le malade sortit complètement guéri avec seulement un orteil en moins,

alors qu'il était entré à l’hôpital avec la perspective d'une

intervention beaucoup plus considérable.

OBSERVATION XIV (Inédite) (Delagenière)

Fracture ouverte de l'avant-bras droit, compliquée de gangrène gazeuse et de lymphangite du bras. — Méthode de Bier. — Amputation. — Guérison sans propagation de la gangrène au moignon.

B... C., trente et un ans, couvreur au Mans, entre à la clinique le ro décembre 1906.

Victime, au cours de son travail, d’une chute d'une hauteur de 10 mètres, le 8 courant, B... fut transporté à l'hôpital, où on Li prodigua les soins que nécessitait son état. De l’hôpital la Compagnie d'assurances le fait transporter à la clinique quarante-huit heures après l'accident. L'aspect général est mauvais, la température est de 39°4, le malade a de la dypsnée et

on entend à l’auscultation des râles sous-crépitants gros et fins.

Il arrive :l’avant-bras droit dans un appareil formé par deux attelles, maintenant un pansement à l'alcool camphré. Le

malade n’est pas examiné à son arrivée car il sort de l'hôpital

où le nécessaire a été fait. Mais le soir à 7 heures, comme l’état général reste grave, on défait l'appareil et on se trouve en présence d’une plaie de la face antérieure du poignet, plaie mesurant environ 35 millimètres qui a été suturée par deux crins de Florence. On constate aussi la présence d’une fracture double du tiers inférieur de l’avant-bras. Autour de la plaie s’est constituée une plaque de gangrène dégageant une odeur carac= téristique. Tout l’avant-bras est œdématié et rougeâtre, des traînées de lymphangite montent jusqu'à l’épaule, la pression sur les téguments à la face antérieure de l’avant-bras fait dégager des gaz par l’orifice de la plaie. Après un nettoyage de la plaie à l'alcool on applique pendant une heure la bande de Bier, le pouls redevient légèrement perceptible. On applique un pansement au sérum et le membre est immobilisé dans une gouttière. On continue les applications de bande toute la nuit à raison de demi-heure toutes les quatre heures.

Le 11 au matin, la température est de 38°2, la main est froide, insensible, on remarque sur l’avant-bras diverses plaques de gangrène et la pression fait sortir par la plaie une sanie putride et des gaz, mais les traînées de lymphangite allant vers l'épaule et l’inflammation du bras ont disparu, aussi entrevoit-on la possibilité de pratiquer une amputation en tissu à peu près sain.

On pratique en effet une amputation infra-deltoïdienne. Le tissu cellulaire est œdémateux, le tissu musculaire un peu noirâtre. On irrigue le lambeau avec du sérum très chaud, mais on n’accole pas les deux lèvres, on se contente de placer deux crins de Florence pour favoriser le rapprochement.

La bande de Bier est appliquée au ras du moignon deux fois

par jour pendant une heure. Le 18, c’est-à-dire huit jours après

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l'opération, les lèvres du lambeau ayant repris un aspect normal, elles sont rapprochées et maintenues au contact par un surjet au crin de Florence. On cesse alors le Bieret la guérison

se poursuit normalement.

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