OBSERVATION XVIII
(D: Drouin. — Recueillie par M. Molveaux, interne du service.)
B.. Louis, cinquante-deux ans, fumiste au Mans, entre à l'hôpital le 25 avril 1906.
Ce malade ne présente pas d’autres antécédents personnels qu'une chaudepisse, il y a vingt-cinq ans, et des éruptions fréquentes de furoncles.
> Il y a quinze jours il eut une éruption abondante sur les fesses, les cuisses et les organes génitaux, quatre jours après apparut une tuméfaction douloureuse de la région de l’aine,” qu'il soigna avec des cataplasmes de farine de lin et pour laquelle 1l entre à l'hôpital.
À son arrivée il présente une tuméfaction grosse comme un œuf dans laine droite. A la partie interne dans la région pubienne on sent un point ramolli.
Toute la région est très douloureuse. On rase le malade, on savonne et on passe à l'alcool, et on pratique au centre de la région ramollie une ponction cruciale avec la pointe du bistouri. On applique immédiatement la ventouse. Comme elle se remplit immédiatement on fait coup sur coup trois applicaüons qui ont pour effet d'évacuer rapidement la totalité du pus.
On continue comme d'habitude à appliquer la ventouse pendant
une heure. Il'est à HN TEM que les applications de la ven- louse cessèrent d'être douloureuses dès que le pus fut complè- * tement évacué. o Le 26, application Sendaut une nn Trois applications sur la région ponctionnée amènent très peu de pus, les sui- 1e PA vantes sont faites à aa partie externe qui n'a aucune des L. à à se ramollir, CAE EE Le 27, trois applications à à la partie interne, trois à la par- | tie externe sur la région indurée qui tend à disparaître. ; Le 28, la partie interne ponctionnée est guérie. On fait une application d’une heure sur la partie externe.
Ee 29, le malade sort guéri.
4° Affections des tendons. — Nous aÿons montré
__ que dans un cas de phlegmon des gaines tendineuses nous avions pu au bout de vingt jours faire sortir notre malade de l’hôpital avec tous ses mouvements absolument normaux. Bier a rapporté au 35° Congrès de la Société allemande de chirurgie une série de 25 cas de tendons dénudés et baignant dans le pus avec 17 guérisons fonctionnelles. Les tendons s'étaient reconstitués une gaine et avaient recouvré leurs fonctions normales. S S’inspirant de ce fait qu'un tendon dénudé atteint dans sa nutrition peut se réparer complètement sous l'influence de la stase veineuse, M. Delagenière a pratiqué avec succès dans les cas de synovites fongueuses à grains riziformes la dissection des téndons après les avoir dépouillés de leur gaine. La guérison chez les quatre opérés a
été rapide et les mouvements des doigts ont été à
Vers
: mi 2 —.
peu près intégralement conservés. Dans ces Ha Le on se trouvera bien d’appliquer : la bande élastique deux où trois fois par jour pendant une heure. |
Nous avons aussi employé dela même facon la ss bande élastique dans des cas de sections tendineu- | ses où l’on avait dû pratiquer la suture. Il nous a VS semblé que les mouvements revenaient plus rapidement et étaient recouvrés d'une façon plus complète que lorsqu'on n’emploie pas l'hyperémie.
OBSERVATION XIX (personnelle, inédite)
Section tendineuse. — Suture. — Bande de Bier.
Guérison rapide
L... Léandre, trente-six ans, comptable, entre à l'hôpital, pavillon Pasteur, le 4 février 1907. La veille, en bouchant des bouteilles de cidre, une d’elles lui a éclaté dans la main gauche lui faisant une profonde entaille et sectionnant les tendons des fléchisseurs superficiel et profond de l'index et superficiel du troisième. M. Delagenière appelé d'urgence pratique la suture tendineuse avec des fils de bronze aluminium. :
La peau est suturée au crin de Florence. On immobilise la main dans uu pansement et on applique la bande élastique deux fois par jour matin et soir pendant une heure et demie, les premières séances sont douloureuses et provoquent surtout des sensations pénibles au niveau dessutures. Dès le troisième jour la douleur disparaît. Le onzième jour on
enlève les fils superficiels et comme sa blessure ne le gêne
pas pour accomplir ses fonctions de comptable, le malade
à de e hopital où il doit revenir tous les trois j Lis mon-
# Hé qu'il sue chez lui deux Hbne ai MR Ete .
Dès le vingtième j jour il commence à/remuer ses doigts, x il Lles remue en entier, © "est-à-dire que le. doigt fléchit sur la
main mais que les phalanges ne fléchissent pas les unes Sur: |) ee
È Mes autres. Au bout d’un mois après l'accident, les mouve- REIN “é 16 L - PA hème sont revenus presque intacts et le malade ne revient | “AA É plus, il continue pourtant à se soigner à l'aide dé:la bande: NAS ES 54 Nous l'avons revu depuis et les mouvements de ses doigts ce à e sont à peu près normaux. Il n'a jamais été massé. | DRE +: ‘& ; 7: | . ‘ OBSERVATION XX (inédite) M
(Delagenière.)
- Synovite à grains riziformes des gaines des fléchisseurs à du pouce. — Dissection des tendons. — Pas de Bier. — Û
| Guérison lente. — Récidive dans la gaine du cinquième. ï
— Nouvelle intervention. — Stase veineuse. — Guérison
rapide. |
S... Berthe, vingt-cinq ans, à Connerée. C’est une malade
qui présente comme antécédents personnels une pleurésie
ancienne, elle entre à la clinique le 27 mars 1904, pour une
synovite à grains riziformes de la gaine du long fléchisseur
du pouce droit. Le pouce est en abduction et extension, on
peut voir au niveau de l'éminence thénar une tumeur demi-
fluctuante dont le contenu est exprimé par là pression et
vient se loger dans une poche située au-dessus du ligament annulaire du carpe.
La poche est incisée, il en sort un liquide séreux dans
lequel nagent de nombreux grains, de tendons fléchisseurs sont, disséqués minutieusement et toutes les parties de la synoviale envahies sont enlevées. Après. l'opération, on prescrit à la malade des applications de bande de Bier qu elle refuse comme étant trop douloureuses: Un mois après l'opé-
ration le 25 avril, la malade n ’est pas guérie, ‘une suppuration
modérée s’est établie qui est impossible à arrêter. On est ;
obligé de maintenir un petit Dee à demeure. Elle quitte la x
clinique le 1* mai, sans que la guérison soit complète.
Le 25 février 1907, elle entre de nouveau à Ja clini-
ne
que. Depuis trois mois une petite tumeur est apparue à la.
face antérieure du poignet, qui augmente progressivement
eta envahi la paume de la main gênant considérablement la
flexion des doigts. Les gaines du petit doigt sont envahies et.
l’on perçoit nettement le bruit de chaînons, lorsqu'on appuie
sur la tumeur pour exprimer son contenu. On pratique .
l’extirpation du kyste et la dissection minutieuse des tendons à la paume et au poignet, après section du ligament antérieur du carpe. Le ligament est reconstitué par accolement des feuillets à l’aide de fils métalliques. La bande de Bier. est de
nouveau conseillée et cette fois acceptée par la malade. Deux
applications rigoureuses d’une heure sont faites chaque jour, !
la guérison est obtenue en dix jours et.la malade sort de la clinique le onzième jour. Depuis, la malade s’est appliquée elle-même la bande chez elle pendant deux mois, la guérison
est maintenue et les mouvements des doigts sont très
faciles.
5° Grands traumatismes. — Nous ne faisons que mentionner pour suivre notre plan l'emploi de la
ae a ne Hd Qt es
; stase dans les grands traumatismes. On. compren- dra facilement qu'elle est appelée à jouer dans ces AS Fe Rs . là un rôle considérable. C’est par excellence une “ESS E méthode de conservation, qui permet de reconsti- à tuer les tissus au delà des limites permises, c’est aussi une méthode sans danger qui agit non seule- cie ment en conservant les tissus compromis mais / encore en mettant le malade à l'abri de la plupart. |
É des complications redoutables, tels que les lym- je | : : phangites et la septicémie. Or, quand on pense à la uen Re. pne proportion des accidents s’exerçant sur les
$ membres et que dans presque tous ces cas l’appli- :
cation de la bande sera suffisante, on peut facile- ‘ ment se rendre compte de l'importance de ce mode de traitement. |
Avec l’aide de la bande élastique, on peut réduire au minimum les/amputations, on peut sans craindre l'infection attendre plus longtemps pour intervenir et on a ainsi plus de chances de conserver des mem- : bres qui, au premier abord, paraissent absolument perdus.
Mais dans ces cas le praticien doit se doubler d’un chirurgien, car il y aura souvent des interventions nombreuses à effectuer tels que cerclage, sutures osseuses, ligatures d’orteils, etc.
Dans ces cas la bande devra être appliquée longtemps ; avec une stase modérée, les séances de six à huit heures paraissent donner les meilleurs résultats. ÎL est inutile d'ajouter que si la bande agit favorablement dans les grands traumatismes, çasera une raison
de biere. avantageusement Je. massage qu __somme,ainsi que nous l'avons montré,n’ agit ie 4 l'hyperémie active qu il provoque. j CREME LAS * k de fit ÿ AR RARE ES D Nr | OBSERVATION XXI (inédite) Le
RTE 7 (Delagenière)
G... de Padoue (Italie), ingénieur d'une maison d’automo-
biles italienne, venu au Mans pour le circuit de Ja Sarthe ; ;
a été victime le 21 juin 1906, au matin, d’un accident grave, la voiture avec laquelle il faisait des essais de vitesse ayant Gi | fait panache et l'ayant emprisonné complètement sous elle
tout en ne lui endommageant que la main et l’avant-bras:
droits pris entre la carrosserie et le sol. Le
ALU re # » ON & ge . . ‘ Pansé immédiatement par des médecins militaires qui se
trouvaient sur le lieu de l'accident il arrive à la clinique à trois heures de l'après-midi. Il présente un peu de shock, pâleur accentuée des téguments, respiration accélérée. Pouls 60. Température 36%.
Le malade se plaignant dès qu'on le touche on laisse en place le pansement jusqu’au lendemain matin. Injection de VU sérum antitétanique. | :
ci Le 2 au matin anesthésie au chloroforme, brossage au | N' savon de l’avant-bras et de la main, le médius et une partie RUE du troisième métacarpien sont absolument écrasés. De plus on constate une fracture des deux os de l’'avant-bras au tiers inférieur.
On pratique une désarticulation métacarpo-phalangienne
Fe fn médius et on ide avec une pince coupante “ie moitié
à ù “environ de son métacarpien.
Quelques points de suture sont aussi nécessaires sur l'in-
dex dont les téguments sont déchiquetés. Il ne faut pas pen-
à ne ‘ser à réunir les lèvres du lambeau insuffisamment vivaces, et
| paraissant prédisposées au sphacèle, ainsi qu'uné certaine
étendue des téguments voisins. La cavité est remplie par une mèche stérile. En raison de la fracture constatée la main et l'avant-bras sont immobilisés dans une gouttière plâtrée. On applique immédiatement la bande de Bier pendant deux heures, puis les jours suivants pendant une heure le matin et une heure le soir, Les résultats se font bientôt sentir, les lambeaux sont devenus roses et saignants, les téguments avoisinants ont aussi perdu leur teinte verdâtre. Es. Le 2 juillet, la méthode de Bier ayant été continuée toujours à raison de deux heures par jour, la plaie est en bon état de bourgeonnement, iln’y à jamais eu de suppuration. Les doigts sont libérés de l’immobilisation plâtrée et effectuent les mouvements sans aucune raideur. La guérison est rapide, et le malade quitte la clinique avec sa gouttière plâtrée de l’avant-bras mais avec la main guérie,
Je 6 juillet.
Affections des artères et des veines. — Nous
À avons cité à propos des gangrènes un cas d’artérite chronique ayant amené de la gangrène du gros orteil et où la stase hyperémique a été appliquée avec succès (obs. XIII). À première vue la compression pourrait paraître dangereuse pour des artères malades dont les parois presque comblées par des incrus-
tations calcaires facilement mobilisables sont friables et cassantes, aussi avons-nous pris l'habitude
dans ces cas-là de n’appliquer la bande que pen-
dant cinq minutes consécutives et encore dans le point le plus éloigné possible de la lésion.
Les mêmes observations peuvent s’appliquer aux ulcères variqueux que nous avons traités aussi par. les courtes séances de bande. Les ulcérations s’épidermisent assez vite mais il est bien probable que la guérison n’est pas définitive, aussi M. Delagenière a-t-il modifié le traitement des ulcères en ne faisant de la stase veineuse que le complément d’une intervention chirurgicale curative. Voici quelle est la technique :
L'ulcère est nettoyé et pansé aseptiquement, puis nous appliquons la bande deux fois par jour pendant une heure de cinq en cinq minutes. Chaque jour ou tous les deux jours le pansement est défait et l’ulcère passé à l’alcool.
La plaie bourgeonne rapidement, et au lieu de suppurer comme c’est la règle il se forme des croûtes sous lesquelles l’épidermisation s’effectue.
Vers le dixième ou douzième jour la cicatrisation est complète. Le malade est alors endormi, on dissèque sa saphène et on l’extirpe en descendant la dissection le plus bas possible, puis on fait un curettage des points où l’épiderme ne paraît pas d’assez bonne qualité et on recouvre la plaie ainsi produite par des greffes dermo-épidermiques prises à la par-
on 55 un pansement à faire.
veau. dans les mêmes conditions, de façon à modi-
| seaux eux-mêmes. FA oi OBSERVATION XXII (personnelle-inédite)
Ulcère variqueux
is
ne. L... Emile, sans profession, quarante-huit ans, entre à k Éhopial, salle Velpeau, le 18 février 1907. Le malade est À RÈS atteint depuis sept ans d’un ulcère variqueux de la jambe ë ‘3 gauche. Actuellement il présente cinq plaques ulcérées du À diamètre moyen de 4 centimètres, les bords sont déchique- RTS tés: la suppuration est assez abondante. On applique deux 3 É fois par jour la bande pendant une heure de cinq en
cinq minutes. Dès le deuxième jour les bords de l’ulcération sont réguliers et le pus est à peu près disparu. En sept jours Ja guérison est complète, toutes les plaques ulcérées sont épidermisées.On propose alors au malade la cure radicale maïs il n’est pas décidé. Il se décide enfin, et le 4 mars on pratique la résection de la saphène, le grattage des ulcères à la curette et l'application de greffes dermo-épidermiques. La bande est de nouveau appliquée par dessus le pansement pendant une-heure matin et soir. Le pansement du par- - cours de la saphène est fait tous les deux jours. Celui des greffes est fait le huitième jour.
Le malade sort guéri le 29 mars 1907.
; tie externe de la cuisse Han de de façon à n'avoir Après l'opération la bande est appliquée CE nou-
fier la circulation et à à agir sur la nutrition des vais-
OBSERVATION xx no |