FORMES CLINIQUES
La orme pseudo-tumorale est une des plus intéressantes et des plus fréquentes. Bien individualisée depuis les travaux d’ABRAMI, FOUQUET, GALLOIS, les publications de THIEBAUT, la thèse de DELAITRE, l’aspect clinique en est curieux et frappant.
La céphalée fronto-occipitale s’accompagne de ver- -tiges, de nausées, de troubles de la vue, et il n’en faut pas plus pour orienter le malade vers un ophtalmologue d’abord, puis vers un neuro-chirurgien.
Il existe, de fait, bientôt des signes d’hypertension
intracranienne manifeste :
LME
la torpeur, la céphalée atroce, les vomissements, la stase papillaire, réalisent un tableau des plus évocateurs.
L'examen ophtalmologique, en outre, dans les for- “mes où dominent la stase papillaire, les lésions rétiniennes et vasculaires, oriente vers la tumeur cérébrale.
Macrror et Dusors avouent, en effet, qu’il est impossible, par le seul examen ophtalmologique, de décider s’il s’agit d’une tumeur cérébrale avec des lésions oculaires d’origine rénale, ou sil s’agit de manifestations purement hypertensives.
La découverte d’une hypertension vient tout remettre en question.
L’hypertension rétinienne, si elle existe, l’hypertension du liquide céphalo-rachidien, trouvée à la ponction lombaire, pratiquée avec toutes les précautions d’usage, permettent le plus souvent de se faire une opinion:
Dans le cas contraire, la ponction ventriculaire, au besoin même la ventriculographie, montreront l’absence de tumeur cérébrale, le liquide céphalo-rachidien sous faible pression, les ventricules en place.
Si une intervention cranienne peut parfois entrainer ‘une rétrocession des signes subjectifs si pénibles, Vévolution n’en suit pas moins son cours vers la double insuffisance du cœur et des reins.
THIEBAUT, en analysant ses observations dhyper- . tension pseudo-tumorale, constate que, s’il ne s’agit
pas toujours d’hypertension maligne pure proprement
dite, il y a presque toujours un état de sclérose et d'atteinte des artérioles des reins surajoutés à différentes affections rénales ou non (glomérulo-néphrite chronique, cortico-surrénalome, pyélonéphrite ascendante). <
Il se base sur ces constatations pour émettre avec DELAITRE l'hypothèse d’un rôle joué par ce substratum anatomique de sclérose maligne qui semble constant dans l'hypertension pseudo-tumorale
Ils voient, dans les lésions vasculaires du rein, une façon de réagir à des états très divers, un syndrome plus qu’une affection autonome. Ils conviennent cependant dans un cas que la sclérose maligne semble pure, primitive et non associée.
Pour Riser, l'hypertension intracranienne est toujours un signe d’aggravation, de malignité.
Diverses modalités évolutives peuvent se voir au cours de l'hypertension pseudo-tumorale :
des formes convulsives, des formes confusionnelles, enfin des formes transitoires (en ce qui concerne le
syndrome d’hypertension intra-Cranienne).
La forme hyperspastique :
Ces dernières manifestations sont particulièrement fréquentes dans les formes purement hyperspastiques de là maladie.
Chez certains malades, en effet, surviennent des accidents fonctionnels extrêmement douloureux, et rappelant par leurs caractères ceux que l’on voit survenir au moment des crises de spasmes artériels,
Re
dans les surrénalomes nypertensifs : telle est l’'apparition brutale d’une douleur horriblement intense, à la racine d’un membre, irradiant jusqu’à l’extrémité, entraînant l’impotence fonctionnelle absolue.
Le membre entier devient froid, exsangue ; on craint une thrombose artérielle, d'autant plus que le pouls disparaît en aval. Cependant, au bout de une à deux minutes la circulation se rétablit. Jane
Les artères affectées peuvent être successivement celles des membres, la faciale, les rénales (ABRAMI).
Ces accidents s’apparentent aux éclipses rétiniennes cérébrales que l’on observe au cours de certaines hypertensions (DONZELOT).
L'existence de ces spasmes vasculaires donne une base clinique aux théories pathogéniques qui en font l’essence de la maladie.
La constatation de spasmes rétiniens, visibles à l'examen du fond d'œil, donnent à ces hypothèses une base assez solide.
Rappelons que VorHarp donne le nom de « rétinite angiospastique » aux lésions du fond d'œil.
Ces spasmes surviennent le plus souvent au cours d’une poussée hypertensive ; ils peuvent, surtout à une période avancée de l’évolution, lorsque les lésions d’endartérite sont à leur maximum, être cependant suivis par des lésions ischémiques et des infarctus
conduisant à des altérations définitives du territoire intéressé. |
Te ANATOMIE PATHOLOGIQUE
LESIONS MACROSCOPIQUES.
1° Le rein présente en général un aspect macroscopique assez spécial. Son volume est peu réduit ; il pèse 120 à 130 grammes. Sa teinte est rouge sombre cu brun grisâtre.
La corticale est peu réduite. Sa hauteur est d’un bon centimètre en moyenne, comme normalement. Les limites en sont un peu floues. Elle présente un aspect granuleux du fait de la saillie des vaisseaux scléreux.
La décapsulation est possible mais de façon incomplète. 5
AraLeicœur.-:1l"présénte une hypertrophie considérable et constante. Elle porte essentiellement sur le ventricule gauche ; 500, 600 et même 700 gr., tel est le poids du cœur d’un malade atteint d’hypertension maligne.
Les parois sont considérablement épaissies ; les cavités ventriculaires sont réduites tant est considérable l’hypertrophie musculaire concentrique.
Le ventricule droit est enroulé et comme étiré autour de ce globuleux ventricule gauche.
C’est en somme l'aspect anatomique du «cœur de bœuf >» qué TRAUBE décrivait chez des hypertendus après des dizaines d’années d’évolution.
L’aorte et les gros vaisseaux peuvent présenter des lésions d’atherome : ce n’est pas du tout constant. OBERLING et HUECKEL ont montré qu’il n'existe aucun
PR ee parallélisme entre les lésions athéromateuses des gros vaisseaux et les lésions artériolaires du rein.
3° Les autres viscères: le pancréas, la rate, peuvent présenter des nécroses parcellaires ischémiques (fleckmilz, fleckpankréas) (VoLHARD et FAHR).
Le cerveau peut présenter des lésions d’œdème cérébral, d’hémorragie ou de ramollissement (encéphalopathie ischémique de KERNOHAN).
LESIONS MICROSCOPIQUES.