‹ L'hypertonie artérielle maligne aiguë des jeunesChapitre 44 sur 53 · PLACE À DONNER À NOS OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

PLACE À DONNER À NOS OBSERVATIONS

A l’analyse des données cliniques fournies par nos observations, on est évidemment frappé par quelques critiques que l’on peut lui opposer.

Dans les observations n° I et n° IV :

1° Il est difficile d'affirmer que l’hypertension est de date récente.

Cette critique ne nous échappe pas, pas plus qu'aux différents auteurs qui se sont occupés de la question des hypertensions malignes.

SCHURMANN et MAC-MAHON avouent qu’il est très difficile de se faire une opinion sur la question de savoir si leurs sujets étaient où non depuis longtemps des hypertendus.

Cependant (obs. II et obs. ID), les antécédents sont connus. La première concerne une malade atteinte d’hypotension ; la deuxième une malade dont la tension était normale auparavant,

2° Les hypertensions malignes n’évoluent pas, habituellement, en un délai aussi court,

Il faut des années : 3, 4, 5 ans en général, pour que, à partir du moment où l’hypertension a été découverte, le cycle se déroule vers la terminaison.

SD, Es

Il semble donc que nous ayons affaire à une affection d'évolution autrement foudroyante. C’est en semaines et en mois, non en années, qu’il faut chiffrer une évolution qui aboutit à la mort.

Retrouve-t-on des observations analogues, parmi celles qui ont été publiées comme observations d’hypertension maligne ?

Il est certain que oui.

Quoique rares, des observations assez semblables aux nôtres peuvent être retrouvées. Aucune n'échappe, du reste, à la première critique.

Pour évaluer leur durée, on n’a pu se baser que sur les manifestations apparentes d’une affection qui a pu plus où moins longtemps évoluer de façon dissimulée.

Dans le travail de SCHURMANN et Mac-MAHON, on ne relève pas d’observations circonstanciées.

D’après leurs statistiques, sur 26 cas d’hypertension maligne étudiés par eux dans un long travail anatomo-pathologique, il y avait :

12 malades dont la durée apparente de la maladie

était de un et trois ans ;

14 malades dont la durée apparente de la maladie

était de six mois à six semaines.

Il est bien évident que ce n’est là que la durée apparente de la maladie, notée à partir du moment où elle s’est révélée par des troubles subjectifs. Contrairement à l’opinion de VOLHARD qui pense que la durée est fonction de l’âge, SCHURMANN et Mac-

MS QG =

MaHoN ne trouvent aucun rapport entre la gravité de l'affection et l’âge des malades.

Sur ces 26 cas, l'examen de la tension artérielle

n’a été pratiqué pour la première fois que :

moins de 3 mois avant la mort : 15 fois

plus de 315% n 2 fois 2 5 5 — 1 fois ne D ln en ON fois es EST (> 1 fois

— li — SE Atos

Ceci ne permet pas, d’ailleurs, de conclure à l’absence d’hypertension antérieure à cette découverte.

S’il est difficile de se rendre compte de la date de l'hypertension, il est relativement plus facile de se rendre compte de la rapidité d'installation de l'insuffisance rénale.

Les signes cliniques d’hypertension apparaissent le plus souvent à un moment où les fonctions rénales ne semblent pas encore très atteintes : on peut voir

l'insuffisance rénale progresser aux divers examens.

SCHURMANN et MAC-MAHON citent le cas d’un commerçant de 44 ans, chez lequel, un an avant sa mort, fut fait le diagnostic d’hypertension essentielle.

Il avait 21,5/10 de tension artérielle, puis cefle-ci s’est élevée à 30/18, sans qu’il soit possible de déce-

ler des signes d'atteinte rénale (urée 0,45, 0,34 ; pas d’albuminurie).

Un mois et demi avant sa mort seulement, la tension artérielle est 21,7/16,5. Malheureusement, on n’a pas fait, à cette période, l'exploration des fonctions rénales. Mort dans le tableau clinique de l’urémie.

Cœur : 810 grammes. Reins typiques d’hypertension maligne. Â

Dans trois autres observations, l'étude de l’insuffisance rénale a été mieux faite et semble bien démon-

trer qu’elle peut apparaître en quelques mois :

Tel est le cas de l'observation 735/26 : sujet de 58 ans.

Deux mois avant la mort : eœur : rien d’anormal ; élimination urinaire bonne ; concentration max. : 1024.

3 jours avant la mort, urée : 1,64.

Plus intéressant est le cas n° 1234/27 : sujet de 42 ans.

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