‹ L'Hypertrophie Du Thymus: Exposé Des Notions Acquises À Propos D'une ObservationChapitre 17 sur 24 · Pathogénie des symptômes nerveux · texte numérisé non relu

Pathogénie des symptômes nerveux

Nous aurions également pu intituler ce paragraphe pathogénie des symptômes dyspnéiques. C'est qu’en effet nous en revenons A la conception de Kopp: le thymus hypertrophié cause le spasme de la glotte par suite de son action sur les récurrents. C’est même par ce spasme que débutent bien souvent les symptômes; c’est lui qui attire l'attention. Seulement on objecte que ce n'est pas un spasme qui est cause de la dyspnée, mais une compression sous glottique, rétrosternale sur la trachée et non sur le larynx par l'intermédiaire d'une irritation hypothétique

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des récurrents. Eh bien ! aucun doute ne saurait subsister à la lecture de l’observation que nous présentons en justification de notre thèse. Le spasme dans le cas de notre ` petit malade a été vu. Il у avait très nettement une contraction tonique des muscles tenseurs et constricteurs des cordes vocales. L’obstacle au passage de l’air était bien là. Cela est si vrai que le soulagement suivit immédiatement la trachéotomie et que tout rentra dans l’ordre après elle. Mais dans la suite l’hypertrophie s’accentuant, la dyspnée fut alors occasionnée par une compression de la trachée. La encore notre observation apporte une certitude. Mais nous affirmons qu’au début, Ја dyspnée est en général laryngée et spasmodique. Et nous ne pouvons admettre la phrase de d'OElsnitz « d'autre part, nous savons maintenant que la tétanie et le spasme de la glotte dépendent d’une lésion des glandes parathyroïdes », rejetant ainsi Грурегігорбіє du thymus comme cause du spasme de la glotte. Et pourquoi? Le spasme de la glotte n’est pas une entité morbide, c'est un symptôme d'irritation laryngée ou récurrentielle, nous le trouverons dans toutes les irritations de cet organe. Lorsqu'on avale « de travers » n’at-on pas un spasme de la glotte? Faut-i' le rattacher aux parathyroïdes ?

Nous ne serons pas davantage convaincus lorsque d’OElsnitz nous dit : « Les récurrents ont été les nerfs les plus incriminés. On a supposé que leurs lésions ou irritations pouvaient donner lieu à la paralysie des dilatateurs de la glotte. Cependant pareille hypothèse est infirmée par ces faits que, dans les accidents dus à Vhypertrophie du thymus, l'intégrité de la voix est la la règle et d'autre part que l’intubation du larynx n’améliore nullement les troubles respiratoires ».

Notre observation se charge de répondre éloquemment

a la derniére partie de cette citation. L’enfant « se met a respirer tout a fait bien dés la mise en place de la canule ». Voila le fait. Reste l'intégrité de la voix. Mais la voix n’est jamais altérée dans les cas de spasme glottique. Les cordes vocales fonctionnent bien, vibrent bien, c'est l'inspiration qui est pénible d’où les symptômes constants de dyspnée inspiratoire.

' (Les récurrents ne sont pas les seuls nerfs qui peuvent avoir à se plaindre du voisinage du thymus. Les principaux symptômes du syndrome thymique semblent être düs à la présence dans la région d’autres troncs nerveux importants; tous successivement ont été invoqués : а l'excitation du pneumogastrique on attribue la mort subite par arrêt du cœur. Le syncope respiratoire relèverait d'une irritation des phreniques et même cette irritation serait capable de produire indirectement une syncope cardiaque grâce aux anastomoses unissant les vagues aux phreniques. Pour nous, nous n’avons pas observé d'accidents de ce genre, mais le mécanisme ainsi expliqué nous paraît très vraisemblable.

Mais en somme les nerfs les plus souvent, et les premiers lésés sont en général les récurrents. Tantôt le droit et le gauche sont excités, tantôt un seul est atteint, ce qui est très compatible avec un spasme glottique bilatéral, comme les physiologistes Горі depuis longtemps démontré.

Ш. — Pathogénie des symptômes vasculaires

Nous avons attiré dans notre observation l'attention sur la circulation collatérale que l’on peut observer dans les cas d’hypertrophie du thymus. Elle était particulièrement nette chez notre opéré. Le mécanisme en est le

même que celui qui explique la circulation collatérale de Vadénopathie trachéo-bronchique, où de toute autre compression médiastine; la constatation de sa présence ne signifie donc pas autre chose que compression médiastinale.

Elle agit en produisant une stase dans Je cours des veines azygos et de la veine cave supérieure. Le sang reflue et gagne les jugulaires et la veine cave supérieure par lintermédiaire des anastomoses sous-cutanées qui unissent les vaisseaux du thorax á ceux du cou. Les principales de ces anastomoses sont celles qui unissent l’arcade des jugulaires, ou arcus vénosus, avec les branches anastomotiques de la mammaire interne.

Cette compression vasculaire explique également une cyanose souvent observée. Cette cyanose augmente dans Гехіепзіоп de la tête car dans cette position, la courbure de la colonne vertébrale change, et les dimensions antéropostérieures de l'espace de Grawitz se trouvent diminuées. C'est qu’en effet les troubles provoqués par cette hyper- ` plasie dépendent non seulement du volume anormal de Гогвапе, mais aussi de la plus grande exiguité de la loge thymique. Nous avons vu que l’espace critique de Grawitz avait une capacité bien différente selon les individus. Tel thymus provoquera chez l’un des symptômes graves de compression, alors que chez un autre, un thymus plus volumineux restera insoupconné, Ainsi, c’est par la compression des organes du médiastin que l’on explique aujourd’hui le syndrome thymique. Parmi ces compressions, celle des troncs nerveux est la plus importante, par suite des accidents qu’elle détermine.

SYMPTOMATOLOGIE

De trop nombreux signes ont été indiqués pour déceler une hypertrophie latente, ou pour rattacher a leur véritable cause des symptômes dont l'interprétation est quelquefois difficile. Parmi eux nous ne retiendrons que les symptômes capitaux.

La pathogénie nous a déjà laissé prévoir que ces symptômes relevaient d’une compression des organes contenus dans le médiastin. Nous avons vu que J'irritation des troncs nerveux conditionnait, avec la compression veineuse, le syndrome thymique. Aussi nous pensons que notre exposé gagnera en clarté, si nous décrivons une symptomatologie nerveuse, une symptomatologie vasculaire. Puis dans un dernier chapitre nous passerons en revue les renseignements que donne à l'observateur, aidé de la radiographie, un examen approfondi de la partie supérieure du thorax. :

Donc :

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