‹ L'Hypertrophie Du Thymus: Exposé Des Notions Acquises À Propos D'une ObservationChapitre 20 sur 24 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Un enfant est subitement pris, en pleine santé, d’une dyspnée intense avec cyanose, menace d’asphyxie et quelquefois syncope; jusqu’alors il n’avait présenté aucun trouble respiratoire, et c’est brusquement, souvent dans le décubitus dorsal et pour cette raison, fréquemment la nuit, que, sans aucun prodromes, est apparue cette asphyxie menacante. Les anamnestiques permettent au médecin d’éliminer le croup ou la diphtérie trachéale. L'enfant aurait présenté де la fièvre, et à examen de la gorge, on apercevait des fausses membranes et une angine encore en évolution.

Le début brusque fera penser plutôt à un corps étranger des voies respiratoires et la difficulté de l’examen du larynx chez un enfant de quelques mois rendra l'élimination de ce diagnostic particulièrement malaisé. Si les circonstances dans lesquelles se sont produits les accidents font rejeter l’idée de corps étranger et il ne restera guère que la laryngite striduleuse et le spasme de la glotte, dont l'hypothèse devra être examinée.

La laryngite striduleuse n'apparaît pas en pleine santé, Гепіапі est enrhumé depuis quelques jours, brusquement, la nuit, il se réveille en proie à un violent tirage inspiratoire accompagné d’un sifflement laryngien intense. L’accès dure ainsi une demi-heure, une heure ou davantage, puis tout rentre dans l’ordre. Il est dû à un седете de la région sous-glottique du larynx. Un peu au-dessous des cordes vocales se forment deux bourrelets ne laissant qu'un faible passage à lair, d'où la dyspnée et les symptömes effrayants d’asphyxie. Le spasme de la glotte offre un

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tableau clinique très analogue. Mais, nous l’avons vu, pour nous, le spasme laryngé est un symptôme et non pas une entité morbide. Le constater sera donc trés intéressant puisque, de ce fait, la dyspnée sera rattachée 3 une cause précise, mais cela ne sera pas suffisant puisqu’il restera encore A trouver la cause de ce spasme laryngé, la cause de cette contraction tonique.

Cette cause est une irritation des récurrents. Le problame revient donc à rechercher pourquoi et par quoi les récurrents sont irrités. Eh bien, deux affections seules peuvent, chez un tout jeune enfant, provoquer cette irritation récurrentielle : l’adénopathie trachéo-bronchique, et Грурегігорбіє du thymus. Ainsi, en dernière analyse, diagnostiquer une hypertrophie du thymus en présence d'un enfant présentant du spasme laryngé, revient à éliminer l’adénopathie trachéo-bronchique.

Au reste, cette élimination ne sera pas facile. Dans ces deux affections, en effet, le facteur compression étant le même, commande l'identité des symptômes. On a voulu décrire des aspects différents au tirage, dû à l’adénopathie et а l’hypertrophie du thymus. Celui-ci serait tout à fait protéiforme; il est impossible de lui attribuer des caractéres généraux propres. Celui-la, au contraire, serait a prédominence thoracique inférieure. De plus, le cornage qui l’accompagne, serait surtout expiratoire. Le cornage thymique étant inspiratoire. Mais ce sont la des différences vraiment bien insignifiantes.

La percussion n’est pas non plus d'un très grand secours pour nous tirer d’embarras. Sans doute, une matité à droite du sternum est plutôt en faveur de l’ad&nopathie, celle du thymus hyperplasié se trouvant plutôt à gauche. Mais nous préférons à ces impressions auditives si peu nettes, les anamnestiques. Il est bien évident que

si on note dans les antécédents du malade une de ces affections broncho-pulmonaires à retentissement si fréquent sur les ganglions médiastinaux — Rougeole, bronchite, broncho-pneumonie — l'hypothèse d’adénopathie trachéo-bronchique sera plus vraisemblable que celle d’hypertrophie du thymus.

La palpation ne devra jamais étre négligée. Notre observation en a souligné l’importance, puisqu'elle permettait à elle seule, de porter le diagnostic. On sentira souvent, grâce à elle, la partie supérieure du thymus venir déborder le sternum.

Mais il faut bien avouer que, dans bien des cas, la radioscopie seule résoudra le probléme.

Nous rappelons qu’en cas d’hypertrophie du thymus, la partie supérieure de l’ombre médio-thoracique est considérablement élargie. De plus, cette ombre présente trois caractéres importants :

Elle est homogène, et continue l’ombre cardiaque sans aucune transition. Ges deux ombres ont en effet la méme intensité.

Sa délimitation est très nette d’avec la clarté pulmonaire. Les bords de l’ombre sont donc très nettement tracés. Le bord gauche présente une encoche due à l’ombre cardiaque. Cette ombre cardiaque n’a nullement l’aspect d’une ombre surajoutée. Nous avons vu, en effet, que son intensité était la même. Enfin, elle prédomine à gauche du sternum.

d) Dans L’ADENOPATHIE. — Nous constatons surtout à droite, des ombres surajoutées, d'intensité différente de celle de l’ombre thymique. :

Les contours de l’ombre ne sont pas nets, ils empiétent d’une façon diffuse sur la clarté pulmonaire.

Enfin, alors que dans l’hypertrophie, l'ombre médias-

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tinale a une largeur plus grande que normalement á sa partie supérieure, dans l’adenopathie, on ne remarque pas cet élargissement du col du flacon, selon la comparaison de Marfan.

Tels sont les divers éléments qui serviront a baser un diagnostic différentiel entre 180611010811116 trachéo-bronchique et l’hypertrophie du thymus.

Ce diagnostic est de quelque importance, car il entrainera une thérapeutique toute différente, selon la conclusion à laquelle on aura été amené par la critique serrée de tous les symptômes que nous venons d’énumérer. C'est cette thérapeutique que nous allons examiner.

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