PE PI NAS PNR
LÉO br ie ter sur la sonde pour le guérir ; en employant cet instrument, on précipiterait sa marche vers le tombeau.
Supposons un cas favorable, comment dirigerons-nous le traitement ? Une règle s'impose au chirurgien. Il faut avant tout éviter ce qui peut amener l’inflammation des organes gémitourinaires. Rappelons que l'on a affaire à des malades avancés, que tous les viscères pelviens sont gorgés de sang, et comme nous avons eu déjà l’occasion de le dire, de la congestion à l'inflammation il n’y a qu’un pas ; ce pas est bien vite franchi dans certains cas. Nous n'avons pas besoin de dire le rôle que jouent les micro-organismes dans la pathogénie des inflammations suppuratives ; or, ici nous sommes en présence d'organes ne demandant qu'à faire du pus; si les instruments ne sont pas d’une propreté parfaite, si la vessie, le canal de l’urèthre ne sont pas complètement aseptiques, la purulence ne tardera pas à se manifester, le pus gagnera les uretères, les reins, et infectera bientôt toute l'économie. Done, avant tout, asepsie absolue de tout ce quitouche le réservoir urinaire. Nous emploierons volontiers le procédé que nous voyons mettre en usage chaque jour à la clinique de l'hôpital St-Eloi, pour aseptiser les instruments.
Le cathéter est trempé dans l'alcool, on le retire rempli de liquide, auquel on met le feu ; ensuite on le plongé dans de l'huile phéniquée à 1/10° ou à 1/15° pour le refroidir et faciliter à la fois son glissement; au lieu d'huile on peut se servir de vaseline iodoformée. La sonde, qui ne sera pas trop volumineuse, n° 45 ou 16, sera introduite lentement jusque dans la vessie ; mais là il faut se garder de procéder d'emblée, en une seule séance, à une évacuation complète ; il faut, au début du traitement, ne faire sortir de la vessie que ce qui a assez de force pour s'échapper en jet. Cette précaution est capitale, car si l’on venait à vider la vessie, habituée à la distension, on appellerait par cela même dans sa muqueuse une quantité
— 67 — | considérable de sang, et nous savons les conséquences graves de cet afflux exagéré des globules sanguins. Pour cette raison, d’ailleurs, il est bon de remplacer la quantité d'urine évacute par une solution d'acide borique à 2 p.100 ; on abandonne ce liquide antiseptique dans la vessie pour prévenir la décomposition ammoniacale ; au cas où celle-ci se produirait, au lieu d’une injection on en ferait plusieurs et on laverait ainsi complètement la cavité vésicale. Le canal lui-même sera lavé, ce que l’on fait en poussant le piston de la seringue pendant que l’on retire la sonde Nous avons souvent entendu M. le professeur Chalot insister sur la nécessité de l’asepsie complète du cathétérisme ; pour lui, non-seulement l’intérieur, mais encore l'extérieur doit être débarrassé des germes infectieux ; c’est ici, plus que jamais, le cas de mettre ce précepte en pratique. Le méat, le gland, le prépuce seront donc nettoyés soigueusement, non-seulement par le chirurgien, mais aussi par le malade, à qui il faut apprendre la manœuvre du cathéter et les effets vraiment désastreux d’un oubli de la propreté ; cela est d'autant plus nécessaire qu'il sera obligé toute sa vie de faire usage de la sonde. :
Si tout marche à souhait, les fonctions digestives ne subissent aucune atteinte ; le prostatique vit encore des années, n'ayant d'autre souci que d'éviter les chances de complications et d'autre ennui que celui de se sonder plusieurs fois dans les 24 heures. Si au contraire l’empoisonnement urineux fait des progrès, la fièvre s'allume, les troubles digestifs s’aggravent avec une effrayante rapidité, la langue devient rouge et luisante, elle finit par être cornée, ne permet aucune alimentation et les malades, déjà profondément atteints, ne peuvent résister à la cystite suraiguë ou à la cysto-néphrite, qui les emporte tôt ou tard.