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SYMPTOMATOLOGIE
Les symptômes les plus importants de l’hypertrophie de la prostate sont, sans contredit, ceux qui ont rapport à l’excrétion urinaire : ils sont la conséquence directe le plus souvent mécanique de cette hypertrophie. Les avertissements donnés aux prostatiques sont nombreux ; mais tant que la vessie qui s’hypertrophie à son tour est assez puissante pour assurer un écoulement suffisant des urines, le malade s'inquiète peu de ces altérations qu'il met sur le compte de l’âge. Cependant il arrive un moment où la lutte est impossible entre la vessie d’une part, la prostate de l’autre, et la maladie se trouve alors nettement établie ; voyons les étapes successives par lesquelles le prostatique arrive au summum de son fâcheux état.
Au début, il n’y à pas de troubles assez marqués pour attirer l'attention du malade. Il est probable qu'il s'écoule une période assez longue, depuis le commencement de l'affection jusqu’à l'apparition de quelque phénomème anormal dans la miction. La durée variable de cet état latent dépend soit du caractère de l'hypertrophie, soit de la constitution du sujet. En effet, il est facile de comprendre dans quel degré la nature de la tumeur influe et sur les symptômes qui se produisent et sur leur gravité. Une hypertrophie considérable d'une partie de l'organe peut, dans certains cas, causer peu ou pas d'inconvénients pendant fort longtemps, au lieu que, dans d’autres circonstances, une hypertrophie beaucoup moindre, mais située autrement, peut être la cause de troubles fonetionnels, locaux ou généraux, quelquefois très intenses.
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Quoi qu'il en soit, un des symptômes les plus ordinaires et le plus tôt observé est la fréquence du besoin d’uriner ; le soulagement produit par la miction est moins complet, il n’y 4 pas la satisfaction qu'on éprouve habituellement dans l’état de santé. C’est surtout pendant la nuit, vers 2, 3, 4, 5 heures du matin, que les besoins sont impérieux ; le jet de l'urine n’apparaîit pas immédiatement, malgré les efforts du malade ; il y a une certaine hésitation avant qu'il soit bien établi. Les malades savent fort bien qu'il s’écoulera un certain temps avant que l'urine apparaisse au méat; aussi les voit-on s’ingénier de mille et mille façons pour arriver à satisfaire le besoin qu'ils ressentent : l’un exerce des tiraillements sur la verge, « il la trait », suivant une expression pittoresque ; l’autre se promène à grands pas dans sa chambre ; un troisième trempe les mains dans l’eau froide ; tous adoptent la manière qu'ils ont trouvée instinctivement la plus favorable à la miction. Une chose importante à noter, c’est que le retard de l'écoulement d'urine est d'autant plus prononcé, d’autant plus difficile à vaincre que le patient est resté plus longtemps sans uriner, ce qui explique la fâcheuse influence du sommeil sur les prostatiques.
Le jet, quand il est établi, n’est pas nécessairement beaucoup plus petit que dans l’état de santé; mais il est projeté moins loin que dans les efforts ordinaires ; sa force ne peut pas être augmentée malgré les efforts du malade ; les dernières gouttes restent dans le canal de l’urêthre et tombent lentement par leur propre poids, sans le secours des contractions musculaires : le malade pisse sur ses bottes.
Sous l'influence de l'augmentation de la quantité d'urine dans la vessie, il se produit un état congestif qui amène des érections tout à fait mécaniques, persistantes et intenses, qui font souffrir les malades. Ces érections sont dues non seulement à la réplétion de la vessie, mais encore à l'influence conges-