PERVERSITÉ MORALE. — TROUBLES DU CARACTÈRE. — PARESSE
Les dispositions du caractère présentent de grandes variétés individuelles. Chez les animaux, de même que chez l’homme, ces dispositions évoluent entre ces deux termes ; docilité et méchanceté. Chez l’enfant, l’analyse du caractère est difficile et l’on peut observer un nombre infini de modalités. Gela tient à ce que les aptitudes transmises par l’hérédité sont contrariées par les diverses influences exercées par le milieu. Gés influences jouent le rôle prépondérant dans la constitution. de la personnalité ; cependant, abstraction faite de toute influence de milieu et de toute action éducative, tandis qu’un certain nombre d’enfants se montrent naturellement dociles et doux, un assez grand nombre d’autres méritent d’être classés dans la catégorie des vicieux et des méchants.
Il est très intéressant de rechercher les conditions dans lesquelles apparaît la tendance à la méchanceté chez les enfants. La plupart des auteurs ne voient dans ces tendances que la manifestation de la dégénérescence héréditaire. En réalité, pas plus chez
l’homme que chez les animaux, la méchanceté n’est l’apanage de la dégénérescence.
Des individus très robustes, de race très pure, sont d’emblée méchants ; d’autres, très dégénérés, sont très doux. Quelle que soit la cause originelle de la méchanceté de l’enfant, il convient de recourir, pour la modifier, à une éducation spéciale et à un véritable dressage.
Le but de ce dressage géra surtout de créer chez l’enfant de véritables centres d’arrêt psychique et de procéder à une éducation systématique de la volonté. L’absence de la volonté d’arrêt conduit fatalement l’individu à la dégradation par la satisfaction exagérée des besoins instinctifs. Par extension, l’absence de la volonté d’arrêt chez les individus devient donc un facteur important dans la dégénérescence de l’espèce.
La méthode pour l’éducation systématique de la volonté consiste dans l’emploi de la suggestion hypnotique. Les résultats de cette méthode sont extrêmement frappants. Elle permet en peu de temps d’obtenir la transformation des sentiments pervers, des habitudes automatiques, des impulsions irrésistibles qui mettent les enfants qui en sont atteints dans une situation dangereuse au point de vue de leur évolution dans la société.
OES X. — Somnambulisme nocturne. — Troubles du
caractère. — Indiscipline. — Paresse. — Application pédagogique de la suggestion hypnotique.
G..., âgé de 14 ans, élève du lycée Lakanal, nous est amené parce qu’il a, de temps en temps, des accès de somnambulisme nocturne. Il se lève la nuit et parcourt les dortoirs en chemise ; à'son réveil, il ne se souvient plus de ce qu’il a fait ; quelques vertiges survenus dans la journée ont fait redouter l’épilepsie, mais
ils ont disparu rapidement sous l’influence du traitement. Son père est nerveux et doué d’un caractère emporté. Sa mère n’accuse aucun trouble nerveux. Un oncle maternel a eu quelques crises de somnambulisme ; vers l’âge de 15 ans, il se levait, ayant peur. Un frère de l’enfant est bien portant, mais il a deux sœurs qui sont nerveuses. Ses dents sont défectueuses ; ses oreilles sont grandes et mal bordées. Au lycée, on se plaint de son travail, de sa conduite. Il se soumet difficilement à la discipline et est constamment puni pour sa légèreté et sa dissipation. Il a quelques tendances au mensonge. Il se ronge les ongles au plus haut degré.
Dès la première séance, il est endormi profondément. Sous l’influence des suggestions, les troubles nerveux, onychopbagie, vertiges, somnambulisme, ont disparu promptement.- Nous avons, alors continué le traitement au point de vue purement pédagogique, nous appliquant par des suggestions appropriées à stimuler son application au travail, à éveiller le pouvoir de résister à ses impulsiens et à celles de ses camarades. Les notes de l’enfant nous ont été communiquées régulièrement. Elles constatent que, depuis le commencement du traitement pédagogique, l’enfant apprend ses leçons, s’applique à faire ses dévoirs. Le résultat obtenu est tellement frappant qu’il n’a cessé d’ètre porté au tableau d’honneur. Dès qu’il ressent la moindre défaillance, il exprime le désir de venir nous consulter et sa guérison s’est admirablement main-
OBS. XI. — Onychophagie. — Onanisme. — Paresse. — Altération de la sensibilité morale. — Guérison rapide.
André M,.., âgé de 8 ans 1/2, présente de nombreux stigmates physiques de dégénérescence. Il a les oreilles mal plantées, mal ourlées, le voile du palais très profond et rétréci, les dents défectueuses. Nous avons constaté l’existence d’adhérences préputiales très étendues. L’examen de la sensibilité cutanée ' révèle des zones d’anesthésie occupant la mi-région occipitale à gauche et tout le membre supérieur gauche. L’enfant se ronge les ongles. On le surprend maintes fois se livrant à l’onanisme. Il n’est pas dépourvu d'intelligence, mais il est extrêmement mou, paresseux. Jus-
qu’à l’âge de six ans, il était considéré comme un petit prodige, mais depuis lors sa mémoire autrefois remarquable n’a cessé de diminuer. Sa sensibilité morale est assez obtuse, il est indifférent et peu affectueux. Il a le sommeil agité par des rêves, parle toute la nuit. Il est gourmand, il mange gloutonnement. Des diarrhées alternent chez lui avec des constipations opiniâtres. Son père est apathique. Sa grand’mère du côté paternel est très exaltée ; une tante maternelle a été internée dans un asile d’aliénés. Sa mère est hys térique, impressionnable à l’excès. Le grand-père maternel et la grand’mère sont morts tous les deux de cancer. Son frère aîné, âgé de 10 ans, se ronge les ongles. , J
Il est facilement plongé dans un sommeil profond. L’onychophagie est promptement guérie. Les adhérences préputiales qui ont pu jouer un rôle^ dans le développement de l’onanisme ont été l’objet d’un traitement chirurgical que nous avons conseillé.