‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 10 sur 218 · PupiN. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

PupiN. Thèse de Paris

3. Divers auteurs (Gajal, Kolliker...) ont formulé de sérieuses objections contre « l'hypothèse iiistologique de Matuias Duval ». Voir Jules Soury (yirc^. de neuiol., 1897, 2^ série, t. III, p. 3oi et Presse médicale, 1901, n^ 47)> qui dit : « Contre cette doctrine d'erreur, nous n'avons, des l'origine, cessé de nous élever. »

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combien cette étude du psychisme polygonal dans le sommeil physiologique nous servira ultérieurement pour l'étude psychologique du sommeil hypnotique.

4. Cette activité polygonale, que la distraction et le sommeil permettent déjà de bien analyser à l'état physiologique, chez des sujets bien portants, apparaît encore plus nette et bien plus intense chez des sujets qui, sans être malades, ont leur centre 0 plus faible, plus facile à désagréger qu'à l'état normal.

Ainsi le rêve peut, chez certains sujets, être porté à un très haut degré et devenir le cauchemar, le rêve actif ou parlée

A ce même groupe appartiennent les mouvements automatiques, involontaires ou inconscients, qui font l'essence des tables tournantes .

En laissant de côté tous les faits (d'ailleurs nombreux) d'exagération et de simulation, il est certain qu'on peut faire tourner les tables, entre gens d'absohte bonne foi. Nous avons fait, à une époque, un certain nombre d'expériences très concluantes, entre

I. Lucien Lagriffe, ancien interne de Remûnd de Metz, a soutenu récemment (Du rêve au délire, Gazette des hopitau.lr, 1902, n° 46, p. 453) avec talent cette opinion « qu'en somme, entre le rêve et le délire de rêve, entre le délire de rêve et le délire proprement dit, il n'y a que des différences de degré », Certainement il n'y a que des différences de degré comme entre le réflexe rotulien et l'acte psychique. Mais il y aune différence complète entre le rêve et le délire en ce que les centres nerveux en jeu dans les deux cas sont différents. Le rêve est un acte psychique purement polygonal ; pour qu'il devienne du délire, il faut que O intervienne. Le polygone rêve, O seul délire.

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confrères, et je peux affirmer qu'aucun de nous ne poussait volontairement et consciemment. Cependant nous poussions certainement ; seulement il s'agissait de mouvements involontaires et inconscients. C'étaient des mouvements polygonaux.

0 étant foitement absorbé par la pensée de la rotation et distrait des mains, une petite oscillation })olvgonale se produit, en provoque de semblables chez les voisins ; le polygone est allumé dans ce sens par la pensée fixe de 0 et se met à partir : la table tourne.

Au même groupe appartiennent les mouvements iuA^olontaires et inconscients qui font mouvoir la baguette divinatoire des chercheurs de sources ou de trésors (de bonne foi) et \e pendule explorateur (l'odomètre d'Herbert Mayo), qui dirigent les liseurs de pensées^ (Cumberlandisme) et le crayon (\es médiums spirites".

Nous retrouverons ces dernières cjuestions dans notre chapitre des Limites de l'hypnotisme. Pour le moment nous notons simplement ces faits comme des démonstrations et des applications de l'activité polygonale, chez des sujets qui, sans être dans un état absolument normal, ne sont pas encore des malades.

Ces faits montrent déjà que, dans toutes ces questions, il y a désagrégation mentale (séparation de 0 et du polygone) mais qu'il y a autre chose aussi.

1. En dehors des travaux de Pierre Janet et de mes leçons de 189G, voir, sur ce sujet: Revue de l hypnot., t. VI, 1802, p. G3, loi, i35; t. VIII, 1894, p. 252 ; t. IX, 1895, p. Sao, 807; t. XVÏ, 1902, p 2^\o, 3 18.

2. Voir mon Spi/ilisnie dc\'ani la science. Montpellier, Goulet, 1908.

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Tout le monde est distrait et dort : voilà la désagrégation suspolygonale simple. Certains font en plus du Cumberlandisme ou du spiritisme : ils n'ont pas seulement do la désagrégation suspolygonale, ils ont aussi un état spécial de leur polygone qu'il est indispensable d'étudier et de définir dans chaque cas.

C'est un point sur lequel on n'a souvent pas assez insisté et que nous allons voir apparaître bien plus nettement dans l'étude de l'activité polygonale à l'état pathologique.

5. Il y a d'abord les maladies mentales proprement dites : là c'est 0 qui est malade (par lésion organique ou par névrose). Dans ces cas, le polygone peut n'être pas malade.

Je cite souvent Tbislolre de ce paralytique général qui ne se reconnaissait pas dans les rues de Montpellier et s'égarait quand il cbercbait à s'y retrouver avec 0, mais qui rentrait chez lui automatiquement, polygonalement, quand il occupait les débris de 0 à autre chose et revenait chez lui sans y penser.

Puis il y a des maladies plus proprement polygonales, en tête desquelles le somnambulisme et l'automatisme ambulatoire.

Dans le somnambulisme naturel ou spontané, il y a d'abord désagrégation suspolygonale, c'est-à-dire qu'il y a suppression totale des communications centrifuges de 0 au polygone et il y a ensuite des crises d'activité paroxystiques du polygone moteur (des centres K) ainsi émancipé.

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De même, dans Vaiitoinatisnie ambulatoire : les variétés s'établissant ensuite dans ces étals par le degré de désagrégation suspolygonale et par l'état des communications centripètes^ (KO? MO, EO).

Dans la catalepsie il y a ^encore désagrégation suspolygonale, et cette fois totale (idéosensorielle et idéomotrice) ; par là, cet état se rapproche des précédents. Mais l'état du polygone est tout différent. Au lieu de présenterdes crises d'hyperactivité motrice, il est inerte (avec oubli au réveil et pas de mémoire alternante).

Dans ce groupe, les variétés sont basées sur le degré de cette inertie polygonale.

L'état du polygone est ensuite bien intéressant à étudier dans Y hystérie et tout d'abord dans les anestbésies hystériques ^ ; le rétrécissement du champ de la conscience et de la volonté, les troubles de l'attention, les paralysies et les amyosthénies, les contractures, certaines amnésies, idées fixes... ne peuvent être bien étudiés chez les hystériques qu'en connaissant à fond cette activité polygonale, ce psychisme inférieur.

Je n'y insiste pas, parce que nous retrouverons tous ces symptômes avec des caractères très analogues dans l'étude ultérieure des suggestions : je me contente ce rappeler que, grâce à ces notions, on peut établir que riiystérie n'est pas toujours une maladie mentale, comme on Ta dit.

1, Voir Lee. de clin, médic, t. 111, p. 190 et le tableau de la p. 195.

2. Voir Pitres. Leçons clin, sur l'hystérie et l'/iypnotisme. t. I, p. 55 ; Pierre Janet, loco cit. ; Gilles de la Tourette. Traité clin, et thérap. de l hystérie, t. I, p. 12G.

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-^ Ne sont mentales que les maladies du psychisme supérieur 0, Mais Fhystérie est le plus souvent une maladie du psychisme inférieur polygonal. Certaines hystériques deviennent mentales : c'est une complication de la maladie par participation de 0 ; mais l'hystérie n'est pas mentale par essence et beaucoup de ses manifestations les plus élevées, les plus complexes, les pluspsychiques sont purement polygonales'.

C'est en me basant toujours sur ces mêmes principes que, complétant les belles études de Brissaud sur le torticolis mental, j'ai divisé^ les tics en tic bulbomédullaire, tic polygonal et tic psychique proprement dit : le tic psychique est celui qui dépend directement et étroitement d'une idée actuelle, qui réside en 0, dans Fintellectuali té vraie et supérieure ; le tic bulbomédullaire (à l'autre bout de l'échelle) n'a aucun des caractères du psychisme ; entre les deux, le tic polygonal a les caractères du psychisme, mais du psychisme inférieur, automatique.

6. Ce n'est pas seulement dans les névroses et les maladies fonctionnelles des centres nerveux que l'on peut appliquer ces notions du psychisme inférieur et de ces centres polygonaux, distincts de 0 : on peut aussi les utiliser, avec profit, dans l'étude et le clas sèment des lésions organiques del'écorce cérébrale.

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