I. DuPRAT. Loco cit., p. 269 et
plus suggestibles ; moins on est malade mentalement, plus on est sceptique, au vrai sens du mot, sur les affirmations d'autrui ou sur les données de son imagination. Or, pour qu'une suggestion agisse au [>oint de modifier un devenir mental, il faudrait qu'elle fui fermement adoptée, énorgiqucmcnl embrassée, ce dont un instable est incapable. Elle ne peut donc être qu'un appel à l'instabilité même. Pour obtenir un résultat illusoire, on aboutit, en employant la suggestion, à la ruine de plus en plus complète de ce moi que l'on voudrait sauver. »
Voilà tout remis en cause et nous sommes à peu près revenus à notre point de départ, à l'École de la Salpêtrière.
e. Il faut arriver cependant à préciser quelque chose au milieu de ces opinions contradictoires et exagérées. Les déductions ont pu être fausses ; mais, de part et d'autre, les observations ont été bien faites et il doit en rester quelque chose. La clinique doit donner des conclusions.
Gomme l'a dit P. Janet^, la suggestion « est en réalité un merveilleux agent thérapeutique » , dont il ne faut pas « exagérer la portée » .
AVuNDT^, que nous avons vu tout à l'heure si dur contre l'hypnotisme thérapeutique, admet que sur le terrain de la « médecine pratique » l'hypnotisme a une « valeur qu'on ne devrait pas méconnaître ». Il
1. Pierre JA^ET. Revue philos., 1897. Cit. Duprat. Loco cit., p. 271 .