Bernheim. Ibid., p
l'hypnotisme au rOINT DE VUE THERAPEUTIQUE 4o9
parle du « fonds de siu/gestions héréditaires )) avec lequel l'enfant naît, il considère l'éducation comme un ensemble de suggestions à l'état de veille. Il fait nettement de l'hypnotisme « un adjuvant salutaire de l'éducation morale ». « L'hallucinabilité, le phénomène expérimental le plus frappant de l'hypnotisme, n'est autre chose que l'aptitude du cerveau à transformer en image toute idée, toute impression perçue. » Le sommeil hypnotique et le sommeil naturel sont identiques : ils ne sont pas plus dangereux l'un que l'autre. « Le premier des hypnotiseurs... c'est la mère qui endort son enfant. »
Ce ne sont évidemment là que les idées bien connues de Bernheim que nous avons, à plusieurs reprises, essayé de combattre dans ce livre. Mais ces idées sont ici en application, descendues dans la pratique; et on voit combien elles y apparaissent envahissantes.
La suggestion s'cmparant de l'éducation entière, comme, suivant la parole de Leibnitz, « celui qui est le maître de l'éducation est le maître du monde ^ », la suggestion devient la souveraine de tout ; elle devient tout, à moins que, parla même, elle ne soit plus rien.
Ne comprend-on pas alors un peu le passage de Wundt que j'ai déjà cité ^ : «... Ces hommes croient avoir trouvé dans la suggestion non seulement un remède contre toutes les maladies morales dont nous souffrons, mais encore le grand levier du progrès de la civilisation. . . Ils demandent qu'on l'introduise avant toute chose dans l'éducation et l'instruction... La