‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 188 sur 218 · BiNET et tiÎRJî. Loco cit., p. ai · texte numérisé non relu

BiNET et tiÎRJî. Loco cit., p. ai

2. « L'hypnotisé peut d'autant mieux se défendre contre une influence mauvaise qu'il est plus près de l'état de veille » (Forel cité par Schrenck Notzing. Loco cit., p. 126).

3. NicoT. Anal, de Gampili. Cit. de Ch. Juli.iot. Loco cit., p. 110.

HYPNOTISME ET SUGGESTION DEVANT LA JUSTICE /jBB

L'accusé prétend avoir commis le crime sous Tempire d'une suggestion : l'expert doit établir si le sujet est réellement hypnotisable et s'il réalise un degré d'hypnose suffisant pour que la suggestion ait été vraie, complète, irrésistible. De plus, cela établi, la tâche est bien avancée, mais pas terminée : il faut établir que l'acte incriminé a été réellement commis dans un de ces états d'hypnose.

Car le public ne doit pas admettre qu'un hypnotisable peut tout se permettre impunément par cela seul qu'il est hypnotisable. Pour être excusé et déclaré irresponsable, le sujet doit prouver non seulement qu'on peut l'hypnotiser à fond, mais encore qu'il était hypnotisé à fond quand il a reçu la suggestion du crime à accomplir.

Le fait d'être hypnotisable est simplement une tare nerveuse de nature à diminuer, à atténuer la responsabilité du sujet, sans la supprimer, si l'acte a été commis en dehors de Thypnose. La suggestibilité est alors assimilée à l'épilepsie d'un sujet qui a agi en dehors de toute manifestation épileptique actuelle.

De même, quand on établit seulement la possibilité et la réalité d'une hypnose partielle, on admettra que la responsabilité est atténuée ; et le degré de cette atténuation variera naturellement suivant les circonstances spéciales de chaque cas particulier.

Il peut être utile d'étabhr la suggestibilité d'un sujet alors même que l'acte a été commis en dehors de toute suggestion.

Un sujet hypnotisable est le plus souvent porteur de quelque autre tare nerveuse, voire même d'autre

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névrose, comme le somnambulisme spontané, qui peut être alors un élément suffisant pour faire conclure à l'irresponsabilité du sujet.

Dans ces cas, la recherche de la suggestibilité du sujet par l'expert rentre dans l'étude des tares névropathiques du sujet. A ce groupe de faits appartiennent les cas de Motet (1881) et de Duffat (i883), cités par Ladame*, et celui de MESNET^

Ce n'est pas encore tout. L'expert a établi qu'un criminel est irresponsable, qu'il a agi par suggestion : il doit encore tâcher d'établir quel est le vrai coupable, l'hypnotiseur. C'est Liégeois qui a posé la question ^ et donné les éléments pour la résoudre.

La tâche est d'ailleurs difficile. Ou le sujet, dans l'hypnose provoquée, dénoncera le coupable et alors il faut se méfier de cette dénonciation ; car nous verrons dans le paragraphe suivant qu'un sujet peut mentir dans l'hypnose, spontanément ou par suggestion — ou le sujet ne dira rien, ne révélera rien, parce que l'hypnotiseur aura voulu s'assurer l'impunité en lui suggérant directement l'amnésie de la suggestion criminelle.

Ce dernier cas paraissait insoluble. Mais Liégeois a montré, dans de curieuses expériences avec Liébeault et Bernheim, que, dans ces cas, on peut encore

i. Ladame. Rapport cilc. Revue de Chypnot., t. 1, 1887, p. 13.

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