‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 27 sur 218 · L HYPNOSE OU ETAT DE SUGGESTIBILITE · texte numérisé non relu

L HYPNOSE OU ETAT DE SUGGESTIBILITE

C'est à peu près la doctrine exposée plus haut, sauf rassimilation au crédule que je n'admets pas. Le crédule est un normal ; son centre 0 est faible, mais fonctionne. On est crédule dans son 0 ; on est suggéré dans son polygone.

BiNET ^ semble l'adversaire absolu de la doctrine exposée ci-dessus : M. Grasset, dit-il, a « montré récemment l'inconvénient que peut présenter la schématisation à outrance des phénomènes de suggestion. Cet auteur a supposé (suit un résumé de mon schéma)... Il n'y a point de séparation nette entre la vie psychique supérieure et la vie automatique, au moins à notre avis... » c'est Tobjection déjà formulée par le même auteur dans V Année psychologique et à laquelle je crois avoir répondu dans le précédent chapitre (p. /|'i).

Tl semble donc que Binet est l'adversaire déclaré de cette désagrégation mentale suspolygonalc, qui est pour nous la base de la conception de l'état de suggestibilité. Cependant, immédiatement après le passage que nous venons de citer, Bï>et ajoute textuellement (p. 12) : « Le premier caractère de la suggestion est donc de supposer une opération dissocia trice ; le second caractère consiste dans un degré plus ou moins avancé d'inconscience ; cette activité, quand la suggestion Ta mise en branle, pense, combine des idées, raisonne, sent et agit sans que le moi

I. BiNET. La suggestibilité. Biblioih. de pédagogie et de psrchol., 1900, p. II et 13.

conscient et directeur puisse clairement se rendre compte du mécanisme par lequel tout cela se produit... Enfin, pour achever cette rapide définition de la suggestion, il faut tenir compte d'un élément particulier, assez mystérieux... : le sujet suggestionné n'est pas seulement une personne qui est réduite temporairement à l'état d'automate, c'est en outre une personne qui subit une action spéciale émanée d'un autre individu... »

Je n'ai jamais voulu dire autre chose quand, avec mon schéma, j'ai dit : chez le suggestible il y a désagrégation suspolygonale ; l'action annihilée de son 0 est remplacée par l'action de 0 de Thypnotiseur.

C'est ce qu'ALBERT Prieur a eu l'amabilité de constater nettement dans une critique qu'il a faite du livre de BoetV

Tout à fait analogue à la nôtre est encore la conception de Mangin, d'après les travaux de Myers, quand il dit^: « L'hypnotisme est un nom pour un

1. « Où je ne suis plus d'accord avec M. Binet, dlt-il (^Mercure de tiatice, 1901, p. 499)» c'est quand il reproche à M. Grasset d'avoir schématisé à oulrance les phénomènes de suggestion. Il dit lui-même que le premier caractère de la suggestion est de supposer une opération dissociatrice. Or, qu'a fait M. Gras.-et, si ce n est clairement schématiser cette dissociation elle-même.'^ .. Après ces déclarations si nettes du professeur de Montpellier, on s'étonne de voir M. Binet écrire en parlant du centre 0 et du polygone... » ■:

2. Marcel Mangin. Le mécanisme de la suggestion d'après les travaux de M. F. Myers, de Cambridge. He\'ue de t'hypnot., t. XVI, 1902, p. 2 04-

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groupe de moyens empiriques, par lesquels nous pouvons arriver à prendre possession des facultés subliminales. ))

De même, pour Ma.g\in\ « c'est l'état d'automatisme qui est caractéristique de l'hypnose » .

Crocq^ cite une conception de Bernheim qui est bien encore dans le même ordre d'idées : « l'étage supérieur du cerveau, dit-il (j'appelle ainsi schématiquement la partie du cerveau dévolue aux facultés de contrôle), a une action modératrice sur l'étage inférieur (j'appelle ainsi la partie du cerveau dévolue aux facultés d'imagination, à l'automatisme cérébral)... Cette crédivité qui fait la suggestion, cet automatisme cérébral' qui transforme l'idée en acte, sont modérés par les facultés supérieures du cerveau, l'attention, le jugement qui constituent le contrôle cérébral. » « La suggestibilité s'explique, d'après Bernheim, par l'exaltation de l'excitabilité réflexe idéomotrice, idéosensitive, idéosensorielle, qui fait instantanément la transformation inconsciente, à l'insu de la volonté, de l'idée en mouvement, sensation ou image, par suite de l'inertie des centres modérateurs et du contrôle intellectuel. ))

On remarquera d'abord que la suggestibilité, dans cette conception, n'est plus tout à fait de l'état normal, puisqu'il y a ici « inertie des centres modérateurs et du contrôle intellectuel », tandis qu'à l'état normal « l'étage supérieur du cerveau » c'est-à-dire

1. Paul Magnin. Les rapports de l'hypnotisme avec l'hystérie. Bévue de l'hypnot., juillet 1901, p. 5.

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