I. WuNDT. Loco cit., p. 85, 102 et suiv
le substratum des processus de l'aperception, c'est-àdire du centre aperceptionnel (Apperceptionscentrums)... De cette manière se développe cette vie psychique étroite et exclusive qui est le propre aussi bien du rêve normal que du rêve hypnotique... »
Je ne peux pas prolonger indéfiniment Fexposé critique de ces diverses opinions \ Il me paraît ressortir de cette discussion que notre conception de l'état de suggestibilité et de la suggestion ne m'est en rien personnelle. Non seulement c'est l'exposé et la synthèse, sur un schéma, des idées de Pierre Janet ; mais encore c'est la manière de voir, à peu près textuellement, de la plupart des auteurs contemporains sur la nature de l'hypnotisme.
Je résume, une dernière fois, cette théorie d'un seul mot : dans l'état de suggestibilité, le polygone est séparé de son centre 0, il garde son activité propre ^ mais il est très malléable et complètement à la merci du centre 0 de l'hypnotiseur.
Appliquant cette notion, qui me paraît bien établie, je vais essayer de montrer en quoi la suggestion se rapproche d'un certain nombre d'autres états.
I. Gomme Bernheim, Paulhan (^loc. cit., p. 3o) entend par suggestion « tout ce qui, dans notre conduite, provient de l'influence d'autrui ». Mais cependant, un peu plus bas, il ajoute: « les rapports de la suggestion et de l'automatisme sont à peu près les mêmes que ceux de l'automatisme et de la Volonté. ^) Ceci se rapproche beaucoup de notre conception de la suggestion : la volonté de l'hypnotiseur se substituant à celle du sujet dans la direction de l'automatisme de ce dernier.
L IIYPÎSOSE OU ETAT DE SUGGESTIBILITÉ 79
plus OU moins similaires, et ensuite en quoi elle se différencie de ces mêmes états; en d'autres termes, je vais essayer de préciser, pour l'état de suggestibilité, les caractères de la famille elles caractères de l'espèce.
5. La famille de l'hypnotisme est constituée par tous les états dans lesquels il y a désagrégation suspolygonale plus ou moins complète.
Dans cette famille, nous trouvons d'abord des états physiologiques comme l'état de distraction et l'état de sommeil avec rêve.
(( Les rêves, dit Macario\ ont une grande analogie avec les distractions, qui sont, pour ainsi dire, les rêves de l'état de veille. Les uns et les autres découlent d'une série d'idées qui naissent, surgissent d'une manière mécanique, sans que l'âme y prête une attention délibérée. »
Chez le sujet en distraction, on provoque des actes sur lesquels il n'exerce pas de contrôle : par des contacts légers, un mot glissé à l'oreille, on détourne un homme distrait (par une pensée ou une conversation) sur un chemin tout différent de celui qu'il veut suivre. On lui fait faire des actes qu'il accomplit sans les contrôler avec son centre 0.
De même dans le sommeil, on dirige un rêve par des sensations provoquées ; là encore, on provoque des actes sur lesquels le contrôle libre et volontaire du sujet ne s'exerce pas.
Toute la doctrine de l'Ecole de Nancy est préci-