‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 39 sur 218 · BiNET et Féré. Cit. Grocq, p · texte numérisé non relu

BiNET et Féré. Cit. Grocq, p

3. TissiÉ. Congrès de médecine mentale, 1889. Semaine médicale, 1889, p. 297.

ÉTIOLOGIE DE l'ÉTAT DE SUGGESTIBILITÉ III

Bordeaux, on peut faciliter, sinon provoquer la suggestion par l'emploi de certains parfums, tels que le corylopsis. \oisix^ a observé la môme chose pour le chloroforme...

Pour la sensibilité générale, Heideïnhain a produit l'hypnose par une série de petites chiquenaudes sur la peau.

Ceci nous conduit aux zones hypnogènes.

Braid a consacré un chapitre de son livre au phrénohypnotisme. Imbu des idées de la phrénologie, il pense qu'on peut, chez les sujets hypnotisés, mettre en jeu telle ou telle faculté en touchant (avec le doigt ou avec un corps inerte, comme une baguette de verre longue de trois pieds et terminée par un bouton) ou en frictionnant la région du crâne correspondant à cette faculté.

Si nous mettons de côté la suggestion possible ^ et l'interprétation phrénologique à laquelle EnAm ne paraît pas d'ailleurs tenir beaucoup', on peut voir

1. Voisin. .Soc. de l hypnotisme, 1891. Semaine médicale, 1891, p. oo!\.

2. Dans l'introduction au livre de Bkaid, Bkown-Skquakd pense que, dans ses observations, l'ex^périmenlateur anglais ne s'est pas mis suffisamment à l'abri des causes d'erreur provenant des suggestions. Cependant Braid connaissait ce danger, puisqu'il dit expressément (p. 119): « la personne qui me l'amena (ce sujet) sait qu'il n'y eut pas de suggestions ».

3. Dans sa Note additionnelle de 1860, Bkaid dit : « mes expériences sur le contact du cuir chevelu et au sujet des phénomènes passionnels que pi'ovoquait ce contact, me conduisirent à

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dans ces faits la première observation des zones hypnogènes,

Gharcot et RrciiER observent que la pression du vertex modifie la forme symptomatique de l'hypnose (transformation de l'état léthargique en état somnambulique) au moins chez certains sujets. A la Salpêtrière, on admet couramment que les zones hystérogènes sont souvent liypnofrénatrices. Et DuMONTPALLiER a provoqué le sommeil hypnotique, dans certains cas, par la pression du vertex.

Mais c'est Pitres^ qui a réellement étudié les zones hypnogènes, qu'il définit des régions circonscrites du corps dont la pression a pour effets : soit de provoquer instantanément le sommeil hypnotique, soit de modifier les phases du sommeil artificiel, soit de ramener brusquement à l'état de veille les sujets préalablement hypnotisés.

Cet auteur a montré que ces zones ne siègent pas seulement au niveau du vertex et dans la région ovarienne, mais qu'on peut aussi en rencontrer sur presque tous les points du corps, aussi bien sur les membres que sur le tronc et la tête, et même sur les muqueuses.

A ce dernier point de vue, il cite une malade de Mandé qui avait une zone hypnogène à la vulve et tombait en hypnose à chaque coït ou à chaque toucher d'une cicatrice qu'elle présentait à l'orifice vulvaire et dont l'ablation chirurgicale guérit cette infirmité.

conclure que les résultats obtenus ne prouvaient ni n'infirmaient l'organologie phrénologique. »

• I. PiTRFS. fecons cliniques sur l hystérie et L'hypnotisme, 1891, t. lU p. 98 et 3o5.

ETIOLOGIE DE f, ETAT DE SUGGES l IBILITE IIO

De ces zones liypnoijènes, on peut rapprocher ce que Pitres appelle des zones idéogènes dans lesquelles il classe les faits de Braid, les points érogènes décrits par Chambard* et par Féré " et les zones d'extase, zones de babillage, zones de rire... observées par lui-même.

En terminant ce paragraphe consacré à l'étude des moyens susceptibles de produire l'hypnose, deux remarques classiques sont nécessaires.

D'abord, si tout le monde n'est pashypnotisable,ily a aussi des degrés parmi les liypnotisables, au point de vue de la facilité plus ou moins grande avec laquelle ils s'endorment et au point de vue de la profondeur plus ou moins grande du sommeil ainsi obtenu.

En s econiLJiiiu , on peut, par l'éducation et par l'entraînement, sinon créer, du moins puissamment développer, chez un sujet, la facilité à l'hypnose. Un sujet qui aura été difficile à endormir à une première séance deviendra de plus en plus facile aux séances suivantes et finira par pouvoir être endormi par un mot, un regard ou un souvenir.

6. Une question grave de doctrine se pose maintenant : tous ces moyens de produire l'hypnose agis-

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