‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 40 sur 218 · Chambard. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Chambard. Thèse de Paris

2. Gh. Féré. Les hystériques hypnotiques considérés comme sujets d'expériences en médecine mentale. Soc. médicopsychol.j 28 mai i883 et Arch. de neilrol., t. VI, p. i3o.

Ilf\ inP.NOTISME ET SUGGESTION

sent-ils de la même façon et peuvent-ils tous être ramenés à la suggestion ?

C'est Favis de Bernheim. Nous Tavons vu nettement exprimé dans un passage cité plus haut et ailleurs il dit: « Tous ces procédés divers se réduisent en réalité à un seul: la suggestion. Impressionner le sujet et faire pénétrer l'idée du sommeil dans son cerveau, tel est le problème^ » ; et encore ailleurs : (( C'est la suggestion seule qui fait le sommeil, qui développe la suggestibilité, l'hallucinabilité"... ))

Je crois qu'ainsi formulée, la proposition est trop absolue.

Que la suggestion fasse beaucoup dans la plupart des cas, c'est indiscutable ; et, en fait, quand on veut essayer l'hypnotisme sur un sujet neuf, à malléabilité inconntie, il fjmt développer au maximum l'atmosphère de suggeslion.

Mais cela ne veut pas dire que tout soit suggeslion dans les procédés d'hypnotisation.

Quand on endort par la fixation d'un objet brillant, où est la suggestion ?

Bernheim répond : « Sans doute Bra.id a pu endormir des sujets par la fixation d'un objet brillant sans les prévenir qu'ils allaient dormir. Mais la fatigue des paupières est une sensation qui, chez certains, donne au sensorium l'idée du sommeil. C'est la sensation qui suggère l'hypnose... L'occlusion des

1. Bernheim. Premier Congrès de l hypnotisme expérimental et thérapeutique, Paris, 1890, p. 8'i.

2. Bernheim. Discours d'om'erture du Congrès de médecine de Montpellier, 1899.

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yeux, rabsence crimpression visuelle, Tobscurilé concentrent Tespril sur lui-même, l'empêchenl de se distraire au dehors, créent Timage du sommeil ; c'est nne invite au sommeil. . . »

Comme dit Pitres qui cite ce passage, « l'observation ne justifie pas, ce me semble, des opinions aussi radicales ».

Une impression sensorielle peut produire l'hypnose à Tinsu du sujet et cette impression peut être autre que visuelle. Gomment le coup de gong de la Salpêtrière donne-t-il l'idée du sommeil à un sujet qui l'entend pour la première fois ; il devrait plutôt donner l'idée du réveil.

Les sujets observés par Richer, Pitres, Landoizy qui tombent en hypnose au concert du Châtelet, à la procession de la Fête-Dieu accompagnée de la musique, à l'approche d'un aimant... n'obéissent pas à une suggestion. Ou bien, encore une fois, il faut dénaturer le sens du mot suggestion et lui enlever toute valeur en l'appliquant à tout.

Pour défendre sa manière de voir, Bernheim est obligé de poser en principe que « nul ne peut être endormi contre sa volonté ; nul ne peut être hypnotisé s'il n'a l'idée qu'il va l'être » .

Or, cette ]:)roposition est extrêmement discutable.

Pitres raconte Thistoirc d'une femme qui avait des zones hypnogènes aux bras et qui, hors de l'hôpital et sans médecin, fut endormie par un homme qui la serra par hasard aux bras, alors qu'elle n'avait aucune idée de sommeil à ce moment, exclusivement préoccupée qu'elle était de résister aux violences de cet individu et de luller contre lui.

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Grocq rapporte des faits encore plus nettement j démonstratifs dans lesquels il a endormi des sujets, par la pression des zones hypnogènes, sans qu'ils le sachent et sans qu'ils le veuillent.

Ceci est assez importantaupointdevue médico-légal : la malade de Pjtres fut violée dans ce sommeil provoqué à son insu et contre sa volonté et devint enceinte.

7. Un dernier argument, qui me parait péremptoirc, contre la manière do voir de Ber^heim, est r hypnotisme des animaux.

Probablement' Damel Schwenter, dès i636, en tous cas, le Père Kircher, en i6/|6, a endormi des oiseaux, particulièrement des coqs, en traçant devant leur bec une raie sur le sol avec un morceau de craie.

Cette expérience a été reprise par Czermar (Académie de Vienne, 1872), « qui l'a étendue à d'autres animaux, à de petits oiseaux par exemple et à des écrevisses ».

Preyer a déclaré, en 1880, à la Société médicale d'Iéna qvi'il avait hypnotisé beaucoup d'animaux et avait conclu « que, par des excitations périphériques, on peut produire chez eux deux actions d'arrêt différentes. Le premier état est un état de cataplexie, c'est-à-dire une sorte de frayeur et d'épouvante, une paralysie par la frayeur. Le second état est un état d'hypnose '^ Les animaux, comme les hommes,

1. Voir, pour le commencement de ce paragraphe : Chaki.es RiCHET. Lliomme et l'intelligence, 188^, p. 2o5.

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