‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 41 sur 218 · Charles Richet fait remarquer que cette distinction entre · texte numérisé non relu

Charles Richet fait remarquer que cette distinction entre

iVnoi-ocir de lktat de suggestuîimté 117

deviennent cataplégiques à la suite d'excitations périphériques qui sont soudaines, brusques et violentes. Ils deviennent hypnotiques à la suite d'excitations périphériques qui sont prolongées, faibles et uniformes... Si Ton serre légèrement, avec une pince à pression, les narines d'un cochon d'Inde, ou si on le tient doucement par Foreille entre les doigts, au bout d'une demi-minute il devient hypnotique. On peut alors écarter la pincette ou les doigts, Tanimal conserve un état de stupeur telle qu'on peut le placer, sans qu'il remue, dans les positions les plus bizarres. Vn léger choc ou l'insufllation suffisent pour le faire revenir à l'état normal ».

(( Si, continue Richet, Ton saisit brusquement un cochon d'Inde de manière à le maintenir de force dans rimmobilité, le ventre en l'air, au bout d'une ou deux minutes il restera tout à fait stupide, inerte^ et sans mouvement. Avec une poule, un coq, même avec un lapin, la même expérience réussit très bien. On peut alors l'exciter en souillant sur lui, en Téclairant vivement, en faisant vibrer un timbre à côté de lui, sans que ces excitations fassent sortir l'animal de sa stupeur. En liant rapidement avec un fil le bec d'un coq ou la patte d'une grenouille, on peut provoquer le même état de cataplexie.

« Les excitations tactiles semblent être plus aptes que toutes les autres excitations à produire la cataplexie. Ainsi l'éclat de la lumière électrique, un bruit strident et soudain, restent sans effet.

la cataplexie cl l'hypaollsme ne laisse pas que d'être arbitraire et hypothétique.

Il8 HYPNOTISME ET SI GGESTION

« A ces faits, bien démontrés par M. Preyer, je puis ajouter cette expérience que j'ai souvent répétée : une excitation électrique soudaine et violente (décharge d'une forte batterie de Leyde) portant sur la tête même de Fanimal, amène im mouvement brusque et total de tous les muscles du corps, mais on n'observe aucune cataplexie consécutive. »

Les cochons d'Inde qu'il est impossible d'hypnotiser dans les dix premiers jours de leur vie deviennent ensuite hypnotisables, en avançant en âge.

Heubel a fait sur les grenouilles des expériences analogues que KiCHET a répétées et qu'il décrit ainsi : « On prend une grenouille bien vigoureuse et bien agile, on la tient pendant deux minutes environ entre les doigts, le pouce sur le ventre et les quatre doigts sur le dos, en ne la serrant que juste ce qu'il faut pour l'empêcher de s'enfuir. Cependant les mouvements de la grenouille deviennent de plus en plus lenls et paresseux ; c'est à peine si elle fait des efforts pour fuir ; finalement, quand on la place sur la table, elle reste le ventre en l'air, immobile, et cela pendant un quart d'heure, quelquefois ime heure et même plus. . . on peut aussi la placer dans des positions invraisemblables, tout à fait contraires à la situation normale d'une grenouille : par exemple l'adosser à une planche en lui étendant les deux pattes, sans qu'elle réagisse notablement... Qu'on fasse la même expérience sur des grenouilles décapitées (moelle sectionnée au-dessous du bulbe), on n'obtiendra pas de semblables résultais. La grenouille décapitée conserve toujours ses mouvements réflexes et on ne peut l'étendie sur une table sans qu'aussitôt clic relire ses membres postérieurs. »

ÉTlOl-Or.IE DE r. ÉTAT DE SI GGESTIBILTTÉ I I f)

En 1889, Daailewsrt, de Jvarkoff^, a communiqué de nouvelles expériences confirmatives des précédentes : il a obtenu Thypnose chez les animaux les plus variés : poule, cobaye, serpent, crocodile, écrevisse, langouste, grenouille, a Pour y arriver, il suffît d'immobiliser Panimal pendant un certain lemps par une pression douce, après Favoir mis dans une position anormale, sur le dos par exemple. Au bout de peu de temps, on voit survenir une anesthésie complète, la perte des mouvements volontaires et l'absence de réaction à rocclusion des voies respiratoires. ))

L'année suivante, Jolt^ « a reproduit à peu près toutes les expériences rapportées par les auteurs en opérant exclusivement sur les poules, les cochons d'Inde, les oiseaux (tourterelle, mésange, moineaux, verdiers, etc.), les grenouilles, les crapauds )). Il a échoué avec le rat et le chien.

Pour cet auteur, « le meilleur procédé pour liypnotiser est le suivant: l'opérateur se place en face du sujet couché et se sert de ses pouces pour produire la compression, les autres doigts entourent la portion inférieure de la tête et la fixent fortement. La pression doit se faire sur la paupière de façon à amener la convergence forcée du globe oculaire, être ferme au début pour faiblir progressivement. Quand le calme

1. Damllwski (cIc KarkofT). Congrès iiiteinatioiial de psychologie physiologique, 1889. Be^ue de l' hypnotisme, 1890, t. lY, p. 9'i.

2. JoLY. L'hypnotisme étudie chez les animaux. Société de médecine de Paris. Revue de L'hypnotisme, 1891, t. V, p. io5.

complet a été obtenu, les pouces diminuent leur pression avec la plus grande circonspection » .

La même année, Biernacki ^, et, en 1896, Gley^ ont étudié de plus près les conditions qui favorisent l'hypnose chez les animaux, tâchant d'analyser ce fait que certaines grenouilles sont facilement hypnotisées et d'autres pas. Gley notamment a montré que les grenouilles très jeunes et les grenouilles malades et affaiblies sont beaucoup plus facilement hypnotisables. Chez les premières, les conséquences de l'hypnotisme peuvent être très graves et entraîner même la mort.

En 1898, Félix Regnault^ est encore revenu sur la question. « Ces pratiques, dit-il, sont d'usage courant chez nos paysans. Les fermières du pays de Caux, rapportent Binet et Féré, quand elles veulent mettre une poule du nid qu'elle couve dans un autre, lui placent la tête sous l'aile et la balancent im certain nombre de fois jusqu'à ce qu'elle dorme. Puis on la place dans le nid qu'on lui destine ; elle oublie ses anciens œufs. On agit de même pour faire couver les poules rétives. »

1. BiEKNACKr. L'hypnotisme chez les grenouilles. Actions réciproques de certains médicaments et de l'hypnotisme. Arch. de physiologie, 5^ série, t. JII, 1891, p. 275-807.

2. Glf.y. De quelques conditions favorisant l'hypnotisme chez les grenouilles. Soc. de biologie, 1895, p. 5i8,et: Etude sur quelques conditions favorisant l'hypnose chez les animaux. L'année psychologique, 1895, t. II, p. 70.

3. Félix Regnault. L'hypnotisme chez les animaux. Soc. d'hjpnologie et de psychologie, 21 novembre 1898. Revue de ihypnotisnte, 1899, t. XIII, p. 267 et Hypnotisme et Religion, 1897, p. 222.

ÉTIOLOGIE DE EETAT DE SUGGESTIBILITE l 'M

D'après la Revue de l'hypnotisme (novembre 1901,p. i6a), c'est en les endormant par la fixation du regard et un dandinement rythmique que dans Tlnde anglaise, à Delhi, Kullan capturerait les serpents, destinés à fournir du venin au P"" Calmette de Lille \

Lepi>ay" a étudié de nouveau la question de 1 hypnotisme chez les animaux et a même essayé d'appliquer la psychothérapie dans ces cas'...

Certains faits semblent même établir que les animaux peuvent se suggestionner mutuellement ou tout au moins se fasciner l'un l'autre.

Il n'est pas bien démontré que les états ainsi développés chez les animaux soient identiques à l'hypnose de l'homme : l'analyse psychologique en est trop difficile. Mais ce qui reste établi, c'est qu'on peut déterminer chez les animaux une certaine hypnose et que par suite tous les moyens hypnogènes, tous les procédés d'hypnotisation ne peuvent pas être ramenés à la seule suggestion, comme le voudrait Berxheiim\

8. Comme complément à cette étude des procédés pour déterminer l'hypnose, il faut parler de la suggestion à l'état de veille.

1 . Actuellement Galmettk a des serpents dans son magnifique Institut Pasteur de Lille et il n'a pas besoin de les endormir pour leur faire déposer leur venin dans des verres de montre.

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