I. BtNET et Féré. Loco cit., p
2 2/i TIYPNOTTSME ET SUGGESTIO:V
rience réussit très bien, du moins au commencement.
Au bout d\m certain temps, le sujet s'aperçoit de sa contradiction et ne dit plus rien quand on le touche dans une région anesthésiée.
Nous rapprochons toutes les expériences de ce genre dans ce chapitre, quoique beaucoup ne réussissent bien que dans la suggestion considérée à l'état de veille et par conséquent seraient mieux placées dans le chapitre des suggestions posthypnotiques.
Dans ces cas en effet il faut que le centre 0 ne soit plus complètement désagrégé de son polygone et retrouve dans ce polygone des impressions qu'il ne percevait pas, dont la suggestion l'avait privé.
Cette expérience peut d'ailleurs être très variée.
On place un crayon dans la main anesthésique d'un sujet ; on lui dit d'écrire ; il écrit. On lui dit de continuer, on lui ferme les yeux: il continue. Quelques lettres chevauchent, comme cela arriverait à chacun de nous écrivant les yeux fermés ; mais enfin il continue à écrire quoiqu'il ne sente pas le crayon.
Chez certains sujets, on met des ciseaux dans la main anesthésiée : ils passent les doigts dans les anneaux, ouvrent et ferment l'instrument : avec une aiguille, ils font le mouvement de coudre.
Les sujets s'habillent, se boutonnent, se coiffent, nouent un cordon derrière leur dos avec une main ou les deux mains anesthésiques.
Cela conduit aux actes automatiques qu'exécutent très bien les anesthésiques, dont nous parlons.
Certains sujets écrivent automatiquement, en mé-
diums, quand on met un crayon dans leur main anesthésique.
Pitres ^ rapporte un certain nombre d'expériences curieuses de ce genre, dues à Binet.
On imprime des mouvements rythmés au bras anesthésique d'un sujet qui a les yeux bandés ; on cesse de déplacer son bras, il continue le mouvement dont il n'avait cependant pas conscience.
La main anesthésique d'un sujet étant placée derrière un écran, il ne sent ni une boîte d'allumettes, ni un crayon qu'on lui met dans la main ; mais il s'en sert.
A cette même main on fait passivement écrire un mot ou un chiffre. On demande au sujet de penser im mot ou un chiffre quelconques ; il exprime habituellement celui qu'on lui a fait écrire.
Ou encore le sujet décrit la position qu'on donne à sa main et à ses doigts anesthésiques, toujours derrière l'écran.
On peut prendre sur une région anesthésique un point de repère pour une suggestion, comme nous avons vu qu'on pouvait le faire dans les parties obscures du champ visuel.
On donne au sujet une suggestion sous une condition donnée. Ainsi : vous lèverez le bras en l'air quand je vous pincerai en tel point; ou : vous verrez une fleur quand je vous pincerai en tel point. On place le point de repère sur le membre anesthésié ; là