‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 8 sur 218 · VAscHiDEet I^iiiKON. La psjc/iologic du rêve au point de · texte numérisé non relu

VAscHiDEet I^iiiKON. La psjc/iologic du rêve au point de

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source capitale cle renseignements, non seulement sur notre état psychologique, mais même sur notre état physiologique le plus intime, qui se réfléchit en (juelque sorte librement pendant le sommeil dans les domaines subconscients de notre esprit... En particulier, toutes les fois qu'une personne se réveille elfrayéc par un rêve dans lequel sont intervenus des éléments somatiques, soit accompagnant le rcve (angoisse, étouffement), soit intégrés dans le rêve lui-même (gorge écrasée, coups d'épée ou de pistolet) et que cette personne a eu la sensation pénible du rêve s'imposant à elle, sans qu'elle puisse l'écarter, on doit se tenir sur ses gardes. Car il est tout à fait certain que ce rêve a un substratum physique, qu'il y a eu dans le sommeil un trouble pathologique... w

J'ai vu récemment un délirant qui se croyait sur un bateau, naviguant vers Ténériffe : c'était un vertigineux avec état nauséeux.

Les sensations sont vraies dans leurs points de départ; elles arrivent au polygone. Mais 0 dort, n'intervient pas et le polygone fait son roman.

De là, dans le rêve, des déviations rapides, des associations et des successions fantastiques d'idées et d'images sous les influences les plus superficielles : consonances de mots, similitudes de lettres, comme chez les enfants ou les aliénés. Cette analyse se fait, bien entendu, dans le sommeil peu profond et encore mieux dans le demi-sommeil que l'on observe au

vue médical. Actualités médicales, 1902, p. 96 et 89. On trouvera, dans ce livre, de nombreux et curieux faits, tant anciens que modernes, à l'appui de cette thèse.

commencement et à la fm du sommeil complet (hallucinations hypnagogiques de Maury).

Pendant le sommeil de 0, le polygone peut même exécuter des actes assez compliqués : conduire une voiture, continuer une route à cheval, marcher.

Un côté curieux de la psychologie du sommeil est l'état de la mémoire.

11 y a des rêves qu'on se rappelle au réveil, avec plus ou moins de netteté ; certains au point qu'on se demande s'ils n'ont pas été des réalités. D'autres rêves (démontrés au spectateur par des cris ou des mouvements) ne laissent aucun souvenir au sujet.

Mais ces rêves ouhliés au réveil peuvent avoir laissé cependant leur trace dans la mémoire polygonale et alors le sujet les retrouve dans le cours d'un rêve subséquent : Maury cite de remarquables exemples de celait curieux (notamment aux pages 121 et 20/1 de son livre).

Le même auteur a décrit, de plus, ce Hiit encore plus curieux de sujet retrouvant dans le rêve des souvenirs déposés à l'état de veille dans le polygone, inconsciemment, à l'insu de 0, de telle sorte qu'on voit et qu'on reconnaît en rêve des gens qu'on croyait n'avoir jamais vus : on retrouve dans le sommeil des souvenirs latents, déposés à notre insu dans le polygone ; ce qui donne au rêve l'apparence d'une divination, alors qu'en réalité il s'agit seulement d'une résurrection des impressions inconsciemment reçues et emmagasinées.

Ceci établit bien qu'à l'état physiologique l'activité de 0 inhibe, en quelque sorte, la vie polygonale

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propre et que le sommeil est, comme la distraction, un bon moyen de supprimer momentanément, de détourner l'activité de O, permettant ainsi à la vie automatique de se manifester avec ses souvenirs.

Cette suspension de l'activité de 0 dans le sommeil permet aussi au polygone de concevoir et de commettre, en imagination, dans le rêve, des actes répréhensibles, dont 0 n'aurait pas autorisé l'exécution à l'état de veille.

(( J'ai mes défauts et mes penchants vicieux, dit xMaury ; à l'état de veille, je tache de lutter contre eux, et il m'arrive assez souvent de n'y pas succomber. Mais, dans mes songes, j'y succombe toujours, ou, pour mieux dire, j'agis par leur impulsion, sans ciainte et sans remords. Je me laisse aller aux accès les plus violents de la colère, aux désirs les plus effrénés, et, quand je m'éveille, j'ai presque honte de ces crimes imaginaires. »

Cette analyse psychologique du sommeil cadre bien avec ce que l'on a appelé la « théorie histologique du sommeil ».

Depuis les travaux de Ramon y Cajal, on admet que, dans le réseau des fibrilles entre-croisées (Gerlach, GoLGi), il y a simple contiguïté^ entre les fibrilles

T. « Quelques auteurs pensent que les prolongements ner veux, au lieu de se terminer à distance, s'anastomosent de telle sorte qu'il y aurait entre eux continuité absolue. I^a question n'est p:is résolue ; toutefois on peut penser que, lors même qu'il y aurait enirc les prolongements des contacts adhésifs(Riù\AUT), cela n'im{)li([uerait pas la continuité de substance, puisque la dégénérescence wallerienne montre l'indépendance des neuro-

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terminales cFuii neurone et celles d'un autre neurone voisin.

D'autre part, les observations de Widersheim (i(Sqo) ont rcWélé que les cellules nerveuses ne sont pas immobiles, mais présentent des mouvements amiboïdes. Dès lors, on conçoit que les connexions entre neurones peuvent varier, leur contiguïté présente une certaine adventicité (le mot est de Dastre).

En 189/1, Lépine' applique ces notions aux paralysés hystériques, imagine et propose Fliypothcse que « rinterruption du passage de l'influx nerveux résisterait du défaut de contiguïté parfaite entre les ramifications des cellules » et ajoute"^ : « il ne me paraît pas irrationnel de supposer. que le sommeil naturel puisse être causé par le retrait des prolongements des cellules (du sensoriani)^ amenant ainsi l'isolement de celles-ci )).

C'est l'idée que lance Matulys Duvai/', l'année suivante : « Chez l'homme qui dort, les ramifications cérébrales du neurone sensitif central sont rétractées, comme le sont les pseudopodes d'un leucocyte anesthésié, sous le microscope, par l'absence d'oxygène et l'excès d'acide carbonique. Les excitations faibles portées sur les nerfs sensibles provoquent, chez l'homme endormi, des réactions réflexes, mais ne passent pas dans les cellules de l'écorce cérébrale... »

nos. » (ViALLETON, iti Anat. clin, des ventres nerv. Actnal. inédic, -i^ édit., p. 5).

I. Liii'iNE. Sur un cas d'iiyst. à forme parlicufière. Revue de Médec, 1894, p. 718.

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