Crocci. L'hypnotisme scienlifique, [y
ont fait des observations confirmativcs de celles de Pitres.
La divergence ne me paraît pas aussi profonde que ce qu'elle paraît. Les faits observes par des hommes comme Pitres ne peuvent pas êtres discutés en euxmêmes dans leur réalité objective. Toute la difficulté et la discussion ne peuvent donc apparaître que dans l'interpréta tion à en donner.
Les adversaires des zones idéogcnes disent : ce sont là des effets de la suggestion. Mais Pitres n'a jamais dit le contraire.
Evidemment, pour un motif ou pour un autre (éducation ou simple coïncidence) avec la première pression sur une région donnée apparaît, chez ces sujets, une idée quelconque (fortuite peut-être). Immédiatement, avec les habitudes d'association et de repérage que nous lui connaissons, le polygone lie et inféode la sensation de pression en ce point et l'idée qui s'est trouvée contemporaine et, à partir de ce moment, il solidarise les deux impressions et toutes les fois qu'il sent le contact donné il pense à l'idée corrélative.
C'est donc une suggestion tactile d'idée, dont la forme reste constante après une première expérience, qui se cristallise dans sa première manifestation.
Cette interprétation me paraît ne s'éloigner sensiblement ni des idées de Pitres, ni de celles de ses adversaires sur cette question controversée.
4. Reste le paragraphe, au moins aussi important et plus curieux que les précédents, des suggestions
criclées et d'actes, provoquées non plus par Touïe, la vue ou le tact, mais par le sens kinesthésique (sens musculaire, sens de Tattitude).
L'expérience fondamentale et simple de ce groupe est remarquable et frappante : par un moyen quelconque on provoque chez le sujet un mouvement ou une attitude, cette attitude se généralise ; l'état des muscles a suggéré l'idée correspondante -qui s'est à son tour manifestée par d'autres contractions musculaires.
C'est là un fait de psychophysiologie du plus haut intérêt et qui n'est bien connu que depuis les expériences sur l'hypnose.
Tout le monde sait (et toute l'ancienne physiologie vit sur cette notion) que les neurones supérieurs influencent les neurones inférieurs et provoquent les mouvements musculaires. Ici (et c'est le fait nouveau) l'action est inverse : c'est le mouvement musculaire, l'acte périphérique, qui influence les centres, fait naître l'idée et les associations psychiques corrélatives.
Etablissons d'abord les faits. Nous en reprendrons ensuite la théorie.
A. un sujet \ « si l'on ferme le poing et si l'on étend le bras, aussitôt la figure prendra l'expression de la colère, de la menace, et tout le corps se conformera à cette attitude générale de colère ou de menace. Si on lui fait joindre les mains, les traits prendront