I. Bunet et FiîRÉ. Loco cit., p
sation localisée, «et aussitôt le corps prend une attitude correspondante à Fémotion de la face. Une fois produit, le mouvement imprimé aux traits du visage ne s'efface pas ; les positions des membres persistent également. On peut, en graduant la force du courant, faire exprimer au sujet les différents degrés d'une même émotion ».
L'électricité produit une contraction et cette contraction provoque une idée qui fixe et généralise l'attitude exprimée par le premier mouvement.
Pitres ^ a obtenu des résultats analogues en utilisant l'hyperexcitabilité musculaire de certains sujets, qui permet de faire contracter les muscles en les touchant avec une baguette de verre par exemple.
Il a montré, par des faits cliniques, « qu'en choisissant convenablement les points d'excitation on peut faire contracter les muscles qui président à l'expression des sentiments et donner ainsi au visage de la malade le masque de la colère, du dédain, de la tristesse, de la gaîté, etc.. La contraction des groupes musculaires qui déterminent ces expressions a un retentissement immédiat sur Fintelligence du sujet et fait naître dans son esprit des idées, des sentiments ou des hallucinations en rapport avec les expressions de son visage. Nous avons donc là un moyen d'exercer une action idéogénique » (quoiqu'il ne faille pas confondre ces points touchés avec les zones idéogènes dont nous avons parlé plus haut).
Au lieu de produire une simple attitude généralisée, I. Pitres. Loco cit., t. II.
la suggestion kinesthésique peut développer des associations polygonales d'idées et d'images plus ou moins complexes, aboutissant à des actes, souvent compliqués.
RiCHET * lève l'index droit d'un sujet, en le mettant horizontalement à la hauteur de l'œil ; le sujet s'imaginequ'im oiseau est venu s'y poser. Alors il le caresse et se fait becqueter par lui. Que l'on fasse un mouvement brusque,, et l'oiseau s'envole. Le sujet court alors dans la salle, suivant des yeux l'oiseau imaginaire.
Pitres ^ met Albertine en état cataleptoïde les yeux fermés. « Comme toujours elle est inerte physiquement et psychiquement. Son visage est impassible et sans expression spéciale. Je lui demande à quoi elle pense et, comme toujours, elle répond : à rien. Sans ajouter un seul mot, je fléchis ses jambes et la mets à genoux par terre ; de plus, je rapproche ses mains dans l'attitude de la prière... Il y a à peine deux secondes qu'Albertine est à genoux et son visage a déjà pris une expression qu'on pourrait appeler, sans exagération, extatique. En outre, ses lèvres s'agitent sans bruit comme si elles murmuraient une prière... Que faites- vous là, Albertine ? — Je fais ma prière. — Pourquoi cela? — Parce que la Sainte Vierge est là. Vous ne la voyez donc pas ? — Vous la voyez donc, vous ? — Mais certainement, elle est là devant moi. — Vous parle-t-elle .►^ — Non, elle ne me parle pas, mais elle me regarde en souriant. — Gomment est-elle