‹ L'hypnotisme francChapitre 102 sur 240 · Étmh's cliniques sur la grande hystérie, p. 1G · texte numérisé non relu

Étmh's cliniques sur la grande hystérie, p. 1G

FROCES DE L'HYPNOTISME. 185

reconnaît donc et admet explicitement que l'attaque d'hystérie peut avoir lieu sans prodromes. Que la chose arrive ainsi, c'est, du reste, « un fait notoire pour les médecins, » — nous n'osons plus ajouter ce et pour ceux qui ne le sont pas, » — comme chacun pourra s'en convaincre en lisant cette intéressante leçon de M. Pitres, dont le c( Sommaire » est ainsi formulé : « Attaques convulsives incomplètes : a) imr absence, de la période prodromiq^iie ; If) par absence d'hypnose consécutive; c) par absence des périodes prfe et postconvulsives...' »

C'est donc de plein droit que nous nions la majeure de ce premier argument qui devait être décisif : et, par le seul fait, l'argument tout entier tombe.

La première des deux raisons ce très fortes, fortissime ragio7ii » du R. P. Franco est, nous venons de le voir, plus que faible. Examinons maintenant la seconde.

Il y suppose encore que l'hypnose est une maladie — mais passons là-dessus — et, s'adressant à tous les médecins ensemble, il les adjure de dire si, parmi les maladies naturelles, il en est une seule, à leur connaissance, dont les symptômes dépendent de leur bon plaisir, à eux médecins, si bien que la maladie commence et finisse, augmente ou diminue, bref se comporte en toutes ses phases absolument selon leur gré, et comme il leur convient. Les médecins ainsi consultés répondent unanimement qu'il n'existe aucune maladie pareille. Sur quoi le Révérend Père conclut :

1. Leçons cUnu^ues sur l'ht/stirie et V hypnotisme , t. I, p. 220.

Donc, les symptômes de l'hypnose ne sont pas naturels.

Car les symptômes du mal hypnotique sont entièrement à la discrétion des hypnotiseurs qui, comme nous le savons, donnent à leurs sujets, selon leur bon plaisir, la souffrance ou le bien-être, le froid ou le chaud, l'agitation ou le calme, des larmes ou des éclats de rire ^ .

Et la conclusion est rigoureuse ; car, pour la nier, il faudrait reconnaître à la volonté de l'opérateur le pouvoir d'influencer directement le sujet, chacun de ses sens, ses veines, ses artères, ses muscles, tous ses organes ; ce qui ne peut convenir à une cause extérieure, et toute en dehors de l'hypnotisé. Pour expliquer naturellement tous ces symptômes, il faudrait une cause naturelle intrinsèque au patient ; et, ici, de cause naturelle intrinsèque il n'y en a pas. ce E qui h causa intrinseca non ci e, ci e solo la volontâ a.lfrai imperan te -. »

Que répondre à un tel raisonnement ?

Nous répondons au R. Père qu'il a bien raison de demander une cause intrinsèque pour expliquer les symptômes qui se produisent dans l'intime des organes de l'hypnotisé ; mais qu'il a tort quand il suppose qu'une telle cause, et toute naturelle encore, n'existe point. Cette cause existe.

— Quelle est-elle?

— La suggestion, oui, la suggestion communiquée par l'opérateur au sujet, reçue dans le sujet. C'est la sug-

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