‹ L'hypnotisme francChapitre 110 sur 240 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les arguments de la défense.

{Suite.)

J-ai montré de quelle manière les hypnotistes se défendent d'être, dans leurs pratiques, les compères de Satan, et comment ils savent répondre aux raisons par lesquelles leurs adversaires voudraient prouver que l'hypnotisme est, dans son essence, diabolique. Mais avoir démontré que l'hypnotisme n'est pas œuvre de diable, ce n'est pas l'avoir suffisamment justifie. Il reste encore à sa charge, si vous voulez vous en souvenir deux graves, très graves accusations : on soutient qu'il est foncièrement immoral et malfaisant par na-

'°n pouiTait même se faire qu'il nous fût plus difficile d'établir le mal fondé de ce reproche que le mal fonde de l'inculpation de satanisme. Le fait est que 3e vois plusieurs auteurs paraissant assez disposés à la conciliation, près de s'entendre avec nous sur le chapitre du sommeil provoqué et de la suggestion, qui se redressent

en attitude d'intransigeants, sitôt que Ton aborde la question de moralité. Je puis citer, comme exemple, M. le chanoine Ribet, le docte auteur de la Mystique divine distinguée des contrefaçons diaboliques et des analogies humaines. Parlant du sommeil provoqué, il avait dit :

(( Dormir est une fonction régulière de la vie organique. En lui-même le sommeil n'excède donc point la nature. Au fond la léthargie artificielle ne diffère pas physiologiquement de la léthargie spontanée. Les procédés mécaniques qui la déterminent, tels que les passes, les compressions, la fixation d'un point précis, le commandement de la voix et la fascination du regard — nous réservons la suggestion mentale — présentent un rapport physique avec l'effet produit. Il est donc logique d'admettre que le sommeil provoqué par ces moyens est aussi naturel que le sommeil ordinaire ^ ))

Un hypnotiste n'aurait pas mieux parlé. Quant à la suggestion, M. Ribet fait, il est vrai, ses réserves à propos de la suggestion mentale et des suggestions à longue échéance, mais il reconnaît de bonne grâce que c( la simple direction des pensées et des impressions du sujet endormi s'explique naturellement )>. Et il ajoute : « Ce phénomène se reproduit dans les rêves ordinaires, où les fantaisies de l'imagination se mêlent aux incidents des réalités ambiantes. Jusque-là, on n'aperçoit rien que de connaturel et d'humain ^. »

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