‹ L'hypnotisme francChapitre 123 sur 240 · Premier Congrès international d'Hypnotisme, p · texte numérisé non relu

Premier Congrès international d'Hypnotisme, p

2. Comment Tanesthésie obstétricale a mérité d'être appelée (( un des succès de la psychothérapie », M. Cullèreet M. Liébeault le montrent fort bien dans leur livre : La tlurapeutique suggestive. Voir aussi Zeilschrijl/Ur den Ht/pnotismus, passim.

chef de Villejuif, au premier congrès international de 1889 : « Il y a quelques mois, un médecin m'adressait une dame qui poussait toutes les nuits, à la même heure, des vociférations qui effrayaient son mari et aussi les voisins. Elle n'avait elle-même aucune conscience de ses cris. Un confrère qu'elle avait consulté en premier lieu, se basant sur la régularité des accès, avait conseillé le sulfate de quinine ; un autre , s'appuyant sur la perte des souvenirs de l'impulsion et pensant à l'épi lepsie laiTée, avait administré, sans plus de succès, des doses élevées de bromure de potassium. J'essayai d'endormir M"'*' X..., et, comme j'avais réussi assez facilement, je lui fis ma première suggestion en ces termes : « Vous ne crierez plus pendant la nuit. » Deux jours après, le mari revenait m'informer que , contrairement à mon attente, le résultat du traitement avait été négatif. Je pensai alors que peut-être il eût été préférable de suggérer à la malade, que les raisons qui la faisaient crier n'existaient plus ; et j'engageai son mari à l'interroger au moment même de la crise et à me livrer le résultat de son enquête. Il fut très difficile au mari de me fournir les renseignements demandés. Cependant, il finit par comprendre, d'après les réponses de sa femme, qu'elle était en proie à un cauchemar épouvantable : s'imaginant assister à son convoi funèbre, elle était obsédée par l'idée qu'on allait l'enterrer vivante, et ses appels déchirants coïncidaient avec le moment où les fossoyeurs jetaient de la terre sur son cercueil.

« Lorsque je la revis, je fis repasser sous ses yeux, pendant l'hypnose, toute la scène de l'enterrement, en

ayant soin d'affirmer à la malade qu'avant la fin du rêve je l'arracherais aux mains des croquemorts ; je lui affirmais aussi qu'elle assistait à cette scène pour la dernière fois et que jamais elle ne serait la victime d'un pareil accident. A la suite de cette seconde séance, M™'-' X... dormit cinq nuits sans être obsédée par son cauchemar. Une deuxième suggestion lui procura un mois de tranquillité. Depuis la troisième séance, je la considère comme complètement guérie. »

M. le D"" de Jong (de la Haye), après avoir rapporté devant le même auditoire choisi, comment, en trois semaines, il avait guéri, par la suggestion, un pauvre charpentier atteint de <i mélancolie aiguë », poursuivait en ces termes : <^c Un homme souffrant depuis plusieurs années de ce terrible mal de l'agoraphobie ^ sollicita mon secours. Tous les traitements que j'avais employés auparavant pour guérir des cas semblables étant demeurés sans effet, je résolus d'employer l'hyimotisme. Il me fut très facile d'endormir mon malade et de le mettre en somnambulisme. Je le fis rêver pendant l'hypnose. Je le fis se promener, en rêve, dans toutes les rues et sur toutes les grandes places, dans toutes les circonstances possibles, par un soleil éblouissant, par un temps de neige, etc., et, par suggestion, je lui donnai l'idée qu'il n'éprouvait pas la moindre peur, ce dont il convint, en hypnose. Je lui ordonnai, par suggestion toujours, de se rendre, étant éveillé, dans une rue,

1. (£ Agoraphobie, folie consistant en angoisses et palpitations devant un espace vide. » Dictionnaire des Sciences Physiques et Xatu relies. (Thérenin et de Yarigny.)

sans être accompagné, de se promener dans telles mes et sur telles places déterminées. Après dix séances, son agoraphobie avait dispara sans laisser la moindre trace. Il s'est écoulé depuis lors plus d'un an et demi, et, il y a peu de temps, il m'assura qu'il ne s'apercevait plus de rien, même qu'il lui était impossible de comprendre comment il avait pu éprouver autrefois ces impressions désagréables ^ »

M. de Jong ne fut pas moins heureux dans le cas suivant, assez singulier : Une dame était venue le supplier de la guérir d'une peur de l'orage et des voyages en chemin de fer telle ce qu'elle lui rendait, suivant sa propre expression, la vie insupportable ». L'habile docteur l'endormit, et la mit en somnambulisme. « Je lui fis rêver qu'elle voyageait en chemin de fer : je fis disparaître, par suggestion, toute sa peur, et lui assurai que, éveillée, le chemin de fer ne lui inspirerait plus la moindre crainte. Par suggestion, j'éveillai aussi en elle le goût des voyages. Après six séances, je rencontrai par hasard cette dame à la gare revenant d'une visite à une ville voisine. Elle m'assura n'avoir pas éprouvé la moindre angoisse. De la même manière j'éveillai en elle l'idée du tonnerre, la supposant dans toutes les circonstances imaginables, chez elle, dans la rue, en chemin de fer, et je lui suggérai qu'elle n'éprouverait plus la moindre peur. De fait, pendant l'hypnose, ses traits, calmes et tranquilles, me prouvèrent, elle en convint du reste, qu'elle n'éprouvait pas la moindre inquiétude

Page 1