Loc. cit
Si donc on vient nous dire qu'un hypnotiseur s'est servi d'un moyen malhonnête ou bratal pour endormir un sujet, qu'un autre a fait tomber dans l'hystérie une jeune fille, un troisième rendu fou un jeune homme, un quatrième tué le malade qu'il voulait guérir, tous ces récits nous laisseront absolument indifférents en ce qui concerne le problème de moralité spécifique que nous avons à résoudre, tant que l'on n'aura pas ajouté, mais avec preuves à l'appui bien entendu : et ces malheurs sont la suite fatale, inéluctable de l'hypnotisme, et l'hypnotisme ne peut être employé sans que, sinon tous, au moins l'un ou l'autre n'arrive. Car, si l'hypnotisme peut être employé quelquefois sans dommage, cela nous prouvera que nuire n'est pas de son essence, puisque, comme le dit saint Thomas, le signe qu'une chose n'appartient pas essentiellement à une autre, c'est qu'elle ne l'accompagne pas toujours « quod enim accidit alicui ncdurœ, non invenitur uaiversalder in natum iUa-, sur quoi nous jugeons, par exemple, qu'avoir des ailes n'est pas de l'essence de l'animal, puisque tout animal n'a pas des ailes )^ ^ L'hypnotisation pouvant être pratiquée sur cinquante individus sans qu'il en résulte dans l'organisme d'un seul le moindre accident, comme chacun peut s'en convaincre et comme j'ai pu le voir moi-même à Toulouse, à Paris, à Montpellier, à Nancy, à Genève, à Zurich, tous ces accidents mentionnés ne font point partie de la nature de l'hypnose et n'en sont pas davantage des propriétés. Ils ne doivent donc pas entrer di-