Bemheim. ihid
n'exerce plus son contrôle habituel. Si la personne à la quelle l'hypnotisé disait, il y a un instant : « Vous êtes au milieu d'un parterre, voici des roses, voyez comme elles sont belles, respirez leur parfum, faites- en un bouquet », avait joui de sa raison, elle se serait moquée, et aurait dit peut-être que, au lieu d'être dans un parterre au milieu des fleurs, elle était dans une salle d'hôpital au milieu d'autres malades comme elle. La perte de la raison, telle est la condition obligée de l'hypnose. Soutiendra-t-on encore, après cela, que l'hypnose n'est pas, par soi et absolument parlant, condamnable ? Xe faut-il pas avouer au contraire qu'elle est condamnée manifestement par la loi naturelle, qui prescrit à l'homme de sauvegarder l'intégrité de sa nature, et surtout de ne jamais se laisser enlever cette auréole de la raison qui le fait roi de l'univers et l'image de Dieu ?
Cette difficulté est grave et réclame la plus sérieuse attention : j'ajoute que, à raison même de sa gravité, elle veut être envisagée avec calme et étudiée suivant les procédés d'une méthode rigoureuse.
Avant tout il faut marquer d'une façon précise le sens et la portée de ces paroles : a L'hypnose fait perdi'e la raison : la perte de la raison est la condition obligée de l'hypnose. »
Saint Thomas, traitant une matière toute différente, mais qui pourtant n'est pas sans analogie avec celle qui nous occupe, se trouve lui aussi, en face d'un cas où il y a perte de raison, rationisjacUira \ et qu'il veut pour-