‹ L'hypnotisme francChapitre 151 sur 240 · S{ij)j)hm., q. 19, a · texte numérisé non relu

S{ij)j)hm., q. 19, a

MORALITE SPECIFIQUE DE L'HYPXOSE. 269

tant justifier. « Entendons -nous bien, dit-il : l'honime, en cet état, perd la raison : — si l'on veut parler de l'usage de sa raison, je le concède ; si l'on veut parler de la puissance même de raisonner, je le nie,... non incurrit homo damnum rationis quanium ad liahitum, sed solum quantum ad aciian '. » Cette observation est essentielle quand il s'agit de l'hypnose. Pendant qu'elle dure, le sujet perd plus ou moins complètement l'usage de la raison, il ne perd pas le moins du monde la puissance ellemême de raisonner. Ce n'est pas assez dire. Il faut ajouter qu'il ne perd pas même la puissance prochaine de raisonner ; car, on le sait, rien n'est plus facile que de réveiller immédiatement, par suggestion, ceux que la suggestion, a endormis -. L'hypnose a donc, sous ce rapport, un grand avantage sur l'ivresse et sur le chloroforme. L'homme ivre, en effet, demeure dans son abrutissement un temps relativement considérable, sans qu'on puisse, à volonté, l'en faire sortir. De même, on ne fait point sortir comme on le veut de son sommeil l'homme qui a subi l'action du chloroforme. L'homme ivre ne garde donc pas la puissance prochaine de raisonner, tandis que l'hypnotisé la garde.

Voici dès lors à quels termes se trouve réduite cette question de la perte de la raison, dans l'hypnotisé : en soi, est-ce un mal que l'homme ne jouisse plus pendant quelques moments, un quart d'heure, une demi-heure, une heure, même plusieurs heures, de l'usage de sa raison, sans que pourtant il perde la puissance prochaine

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