Bernheim, De la SuggestioUy p
d'en user ? Si c'est un mal, en soi, pour l'homme, d'avoir l'usage de sa raison momentanément suspendu, la raison elle-même condamnera cette suspension momentanée de sou exercice, et, du même coup, il ne sera plus licite, en soi, de vouloir ou hypnotiser ou être hypnotisé.
Une notion domine tout ici, et nous ne pouvons plus fliire un pas sans l'avoir définie : c'est la notion de ce qui est mal. Que faut-il pour qu'il y ait mal, à proprement parler? Quand peut-on dire en particulier, et en observant la rigueur du langage philosophique et théologique : ceci est un mal , pour l'homme ? Ecoutons saint Thomas : « Ce nom de mal, dit-il, signifie unecerirtine absence de bien, quœdam cibsmim honiK » Ce n'est pas sans raison que le grand Docteur a écrit : « unQ certaine absence de bien, quœdam ahsentia ». En effet, remarque-t-il fort justement, «. l'on n'appelle pas mal l'absence quelconque d'un bien. Car l'absence d'im bien peut exister de deux manières. Il peut y avoir absence d'un bien qui devrait être : l'absence est alors une privation ; il peut y avoir absence d'un bien que rien ne commande, et l'absence, dans ce cas, est une simple négaiion. Or, l'absence d'un bien, simple négation, ne constitue pas un mal. Autrement il s'ensuivrait que les êtres qui n'existent en aucune manière seraient autant de maux; et encore que toute chose serait mauvaise par le seul fait qu'elle n'a pas la perfection des autres choses ; que l'homme, par exemple, serait mauvais parce qu'il nepos-