Sum. Theolof/., I, q. 48, a
MORALITE SPECIFIQUE DE LHYPXOSE. 271
sède ni la rapidité du chevreuil ni la force du lion. Le mal, c'est l'absence d'un lie/i qui devrait être : ainsi la cécité, ou privation de la vue, est un mal, dans l'homme ' . » Pour le même motif «r l'absence de la vue, qui sei-ait un mal dans le bœuf, n'est pas un mal dans la pieiTe, parce que la nature de la pierre ne comporte pas qu'elle ait des yeux ^. »
Le mal, à parler proprement, est donc fi l'absence d'un bien ou d'une perfection qui devi'ait être, defedus boni qmdnatura est et débet halerl^ 3>^ a privatio dehitœ perfectionis '• ». Voilà une notion essentielle à retenir, et qui nous permet maintenant de résoudre la question que nous nous sommes posée :
En soi, est-ce un mal que l'homme ne jouisse pas, pendant quelques moments, de l'usage de sa raison, gardant d'ailleurs la puissance prochaine de s'en servir ?
Avoir toujours en acte l'usage de sa raison, exercer toujours actuellement sa raison, cela serait à coup sûr un grand bien, une grande perfection. Mais cette perfection est-elle due à l'homme ? Est-ce un droit, une exigence de sa nature ?
Non, répondrai-] e avec saint Thomas, a Car la raison elle-même réclame que l'exercice de la raison soit suspendu quelquefois, nam et i}jsa ratio hoc halet v.t qiumdoque ratioms usas intercipiatur "'. » L'exercice