‹ L'hypnotisme francChapitre 168 sur 240 · V. Beaunis, Bernheim, Liébeault. Œuvres. pasihn · texte numérisé non relu

V. Beaunis, Bernheim, Liébeault. Œuvres. pasihn

dommage semble bien peu de chose, quand on songe que les gens bien portants qui, eux, n'ont pas la santé à recouvrer, se permettent légitimement cinquante heures de sommeil par semaine, c'est-à-dire perdent cinquante heures par semaine, et cela pendant toute leur vie, l'usage de leur liberté et de leur raison.

Par contre, quels avantages notre malade n'a-t-elle pas trouvés dans l'hypnose ?

Elle a été délivrée de cette ce vilaine idée )^ de suicide, de l'horreur et des terreurs qu'elle lui inspirait, du dégoût de la vie ; elle a vu cesser l'angoisse des siens : elle a pu reprendre le travail qui la fait vivre ; elle s'est ressaisie elle-même et a renoué ses relations avec ses connaissances et ses amis. Bien plus, elle a échappé au danger, très sérieux, de perdre pour jamais la raison et la liberté, par la folie, de perdre même tout ensemble la raison et la vie, par le suicide.

On le voit, pour cette femme, les avantages de l'hypnotisme étaient incomparablement supérieurs aux inconvénients qu'il pouvait présenter. Ces derniers étaient compensés bien au delà de ce qui était nécessaire.

Donc, cette femme en se faisant hypnotiser, et MM. Liégeois et Liébeault en l'hypnotisant, ont agi raisonnablement, et posé un acte, de soi, moralement bon.

Je pourrais m'en tenir à ce seul fait : car la thèse que j'ai entrepris de prouver est simplement celle-ci : 11 est

T^ermh quelquefois d'hypnotiser; et nos lecteurs savent bien que, parle temps qui court, ces affections nerveuses accompagnées de troubles psychiques malheureusement ne sont pas rares. Mais je crois utile de faire ressortir au moins par quelques indications rapides, qu'il n'y a pas qu'une seule catégorie de faits ou un seul principe pour montrer que l'emploi de l'hypnotisme, en certains cas, est justifié.

Prenons donc cet axiome, invoqué souvent par les moralistes : (c De deux maux, il faut choisir le moindre », et rapprochons-le de quelques faits.

En voici deux tout d'abord, qui nous sont rapportés par M. J. Delbœuf, professeur à l'uuiversité de Liège, membre de la classe des sciences de l'Académie royale de Belgique :

On lui présenta un jour une jeune mère de famille atteinte depuis de longs mois d'obsessions meurtrières contre ses enfants. Inutile d'insister sur l'hoiTeur d'un pareil état. On l'avait éloignée de sa famille, fait soigner dans les asiles les plus recommandés. Les médecins l'avaient soumise à toutes sortes de régimes, prescrit le bromure, etc., etc., les douches, — le tout sans résultat. c( Médicaments, régime, éloignement, séjour dans les asiles n'y avaient rien fait ^ », écrit M. Delbœuf. Et il ajoute : (c en huit jours de suggestion, je l'ai délivrée de cette torture indicible ' ».

Le second fait concerne un jeune homme de dix-huit ans. Il avait la manie du vol et volait, non pas seu-

1. L'hypnotUme devant les Chambres législatives Belles, 'p. 48.

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