‹ L'hypnotisme francChapitre 171 sur 240 · Saint Thomas, Comment, in III. de Anima, lect · texte numérisé non relu

Saint Thomas, Comment, in III. de Anima, lect

318 L'HYPXOTIS^IE FRANC.

ment ni l'œil, ni l'oreille, ni aucun autre de mes cinq sens qui unit et compare de la sorte ; car l'œil ne perçoit que la couleur, l'oreille, que le son; bref, chacun de mes cinq sens n'atteint que son objet propre.

Reste donc qu'il existe au-dedans de nous-mêmes un sens qui perçoit à lui seul ce que perçoivent isolément tous les autres, où par conséquent tous les autres aboutissent, qui concentre en lui-même les pouvoirs et les perceptions des sens particuliers, ei qui, pour ce motif, est appelé fort justement le sens intérieur central « sensoriuni commune, sensus communis ' ».

On le voit, le sens intérieur central ne connaît les êtres matériels et leurs propriétés que par les sensations qu'ils produisent dans les sens particuliers. Ils ne sont en conséquence que son objet indirect ; son objet direct, ce sont les sensations. Mais s'il connaît ainsi ce qui se passe dans chacun de nos cinq sens extérieurs, en particulier dans le sens si étendu du toucher, l'analogie nous autorise à penser qu'il peut aussi bien connaître les affections et les divers états du reste de l'organisme. Comme donc il ne faut point multiplier sans raison les facultés, nous lui attribuerons encore ce rôle ; et nous verrons dans le sens intérieur central le siège de cett€ conscience d'ordre inférieur, ou conscience sensible -, qui non seulement nous renseigne sur notre activité de surftice, mais encore nous avertit de la disposition intime de nos membres et, dans une certaine mesure, de nos viscères, ainsi que du jeu de nos muscles.

Page 1