‹ L'hypnotisme francChapitre 175 sur 240 · Sam. Theohg., I, q. 78, a · texte numérisé non relu

Sam. Theohg., I, q. 78, a

pensé que, dans le fond, l'imagination n'est pas autre chose que la mémoire. C'est une erreur, qui provient de ce que l'on confond deux actes et deux objets fort distincts. « Nous disons nous souvenir, écrivait Albert le Grand, alors seulement que nous reconnaissons, au moyen des impressions que nous ont laissées les objets, ce que nous avons déjà une fois vu, entendu, ou appris... quando... distincte recognoscimus id quodprivs vidimus, audivimus, et didicimus » ^ On ne sam*ait mieux dire. L'imagination conserve et regarde, la mémoire reconnaît. « Pour qu'il y ait mémoire, ajoute saint Thomas développant la môme pensée, il faut que l'acte du souvenir ait été précédé par un acte de perception et qu'entre les deux il se soit écoulé un certain temps ^. )) Le passé appartient essentiellement à l'objet de la mémoire, ce memoria est prceteriti » ^. L'imagination et la mémoire n'ont donc ni le même acte ni le même objet. Il y a donc lieu de les regarder comme deux facultés distinctes. Toutefois elles sont de même ordre, en ce sens que l'une et l'autre appartiennent à la sensibilité. Cette mémoire, en effet, qui, en nous, fixe et regarde les choses à un point précis de la durée concrète, ne saurait être identifiée avec aucune des puissances intellectuelles, dont l'objet propre est l'être abstrait qui, comme tel, n'est situé ni dans le temps ni dans l'espace. Saint Thomas a même, à ce sujet, une façon de parler qui n'est pas pour déplaire à nos physiologistes du

Page 1