ITI
La première condition pour comprendre quelque chose à l'hypnotisme et avoir le droit d'en parler, est de connaître à tout le moins ce qui vient d'être dit sur l'existence et la nature des puissances de l'âme humaine. Mais cela même ne saurait suffire. Il est nécessaire d'y joindre quelques notions sur leur fonctionnement. Le jeu de cet admirable mécanisme qu'est notre nature, une fois connu dans ses principaux détails, les phénomènes h^-pnotiques s'expliqueront d'euxmêmes.
Tout d'abord, l'observation la plus superficielle nous fait reconnaître entre les facultés un certain ordre, déterminé par leur nature respective et de mutuelles influences. Par nature, les facultés intellectuelles étant supériem-es aux facultés sensitives, elles les contrô-
lent, et, dans une certaine mesure ' , les dirigent et leur commandent. Si nos jeux nous rapportent qu'un bâton plongé dans l'eau se brise, que le soleil n'a pas plus de deux pieds de diamètre, que des personnes sont assises ou se promènent dans une glace de salon, notre raison redresse leur témoignage. De même si elle le juge convenable, notre volonté, par une détermination libre, applique nos jenx à regarder un paysage, notre imagination à créer une scène fantastique, lance notre mémoire à la recherche d'un fait oublié, lâche la bride à notre indignation ou la retient. Telle est même pour nous la façon d'agir normale. Notre activité n'est proprement Tiumaine, nos actes vi-aiment luunaîns que si, la raison contrôlant et dirigeant, la liberté meut nos puissances -.
Mais les choses sont loin de se passer toujours ainsi ; et, à défaut de l'expérience, l'étude seule de nos facultés nous l'aurait fait deviner. C'est qu'en effet, si elles sont disposées suivant un ordre hiérarchique constant, et de manière à agir de concert, il n'est pas moins vrai que chacune, possédant une constitution et une énergie parfaitement distinctes, a par là même une opération nettement distincte aussi, lui assurant une certiiine autonomie, une certaine indépendance. Le sons de la vue, par exemple, étant si nettement différencié du sens de rouïe, l'on conçoit tout de suite que nous puissions voir sans entendre. La distinction de nos facultés rend possi-