‹ L'hypnotisme francChapitre 180 sur 240 · Ibil, I. II, q. 1, a · texte numérisé non relu

Ibil, I. II, q. 1, a

Ijle et fait prévoir la dissociation de leurs activités. Dès lors, à nous en tenir simplement à cette conception théorique qui a été exposée plus haut, nous comprenons sans peine qu'il peut arriver ceci : que non seulement nous voyions sans entendre, mais encore que l'imagination montre ses tableaux, la mémoire les faits passés, sans que notre volonté sensible s'en émeuve ; ou encore que nos sens extérieurs, notre imagination, notre mémoire, notre émotivité, notre sensibilité tout entière soient en pleine action, sans que notre raison et par conséquent notre libre arbitre interviennent, sans que nous ayons la connaissance réfléchie ou la parfaite conscience de ce que nous faisons ou de ce qui se passe en nous ; — de telle sorte que nous entrions dans un véritable automatisme psychologique', comme parlent les modernes.

La distinction de nos puissances n'est pas du reste la raison adéquate de la dissociation de leurs activités Saint Thomas va nous le montrer et nous révéler en même temps une nouvelle loi psychologique, dans le passage suivant d'une importance extrême : « Comme toutes nos puissances, dit-il, — celles qui résident dans un organe et celles qui n'y résident pas — ont leur racine dans la seule essence de l'âme, in unâ essenfiâ animœ ra-

1, M, le D"" Grasset a publié une leçon très intéressante sur l'Automatisme psychologique^ dans un ouvrage qu'il vient de faire paraître, et qui mérite l'attention des psychologues au moins autant que celle des médecins. En voici le titre : Leçons de clinique médicale, par le D"" Grasset, recueillies et publiées par le D' V. Yedel, in-8^, p. 1-176. Montpellier, Charles Boehm.

ihcenfur, ^ il est inévitable que si l'une s'applique à son acte avec une intensité excessive les autres n'agissent que faiblement ou même cessent tout à fait d'agir ; — tant parce qu'une force divisée est toujours moindre et ne s'accumule sur un point qu'au détriment des autres, que parce que toute opération vitale requérant une application de la faculté, si l'application est par trop énergique dans une direction elle ne saurait plus être en même temps énergique dans une autre. » Saint Thomas énonce ici une pensée, qu'il rappelle souvent dans ses ouvrages, et qu'il nous fait bien comprendre ; elle est d'ailleurs toute fondée sur l'expérience : c'est que nulle faculté ne peut agir sans la disposition qu'il désigne de ce nom latin à''infenfio. Nous n'avons point malheureusement en français de mot dont la signification soit assez large pour s'appliquer avec justesse à cette disposition commune à toutes nos facultés. Mais l'analogie va nous la faire concevoir. Dans un endroit de la Somme contre les Gentils -^ saint Thomas s'exprime en ces termes : (( Nulle faculté de connaissance ne connaît quelque chose d'une connaissance «c/«€7/é', sans V attention, vis co- (jnosritiva non cofjnoscit aliqukl actu, nisi aihit intentio. C'est pourquoi il arrive parfois que, faute d'attention, les images sont conservées dans l'organe (de l'imagination) sans qu'elles y soient perçues actuellement, unde et phantasmata in organo conservata interdum non actu imat/inanmr, quia intentio non refertur ad ea ^. » Ce qu'est l'atten-

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