De maîo, q. m, a
que saint Thomas a formulées à propos de la mémoire lui conviennent également, et elle y est généralement soumise. Comme nous l'observons à chaque instant, nos souvenirs s'appellent les uns les autres; nos images font de même. Elles s'enchaînent et s'attirent suivant une triple loi : « loi de similitude : le souvenir et Vimaffe de Socrate amènent le souvenir et V image de Platon qui lui fut semblable en sagesse ; loi de contrariété : si Hector nous est montré, aussitôt nous songeons à Achille ; loi d'affinité : l'image du père appelle l'image du fils ' . » Les images nous reviennent par compagnies. Le désordre n'est donc pas encore aussi grand qu'on pourrait le penser; et l'on entrevoit qu'en lui présentant les objets avec habileté, il doit encore être possible d'imprimer une certaine direction à cette capricieuse fantaisie.
Je parle d'une direction ; elle serait bien nécessaire pour nous préserver d'un fort mauvais tour que l'imagination nous joue parfois, et que saint Thomas nous signale en ces termes : « L'imagination nous trompe, en ce que, dans certaines circonstances, elle nous fait prendre les images des choses pour les choses elles-mêmes, (kceptio in nohis fit secundum ^^hantasiam, per quam interdum similitudinihvj^ remm i/thceremus, sicuf rehus ipsis -. » Le fait est trop constant : et il n'est personne qui, ne fût-ce qu'en rêve, ne se soit trouvé le jouet d'illusions ou d'hallucinations plus ou moins étranges venant de cette source. Mais ce qu'il nous faudrait savoir,