CE QUE L OX SAIT DU SOMMEIL. THÉOEIE DE LHYPXOSE
Avec les notions d'anthropologie et de dynamilogie humaine que j'ai exposées dans le chapitre précédent, nous pourrions dès maintenant aborder l'interprétation des phénomènes hypnotiques. Mais, parce que ces phénomènes s'expliqueront encore plus facilement et plus à fond si nous avons présentes k l'esprit certaines données sur le sommeil naturel, je vais rappeler quelques points essentiels de l'hvpnologie. Ce ne sera pas nous détourner du but, mais au contraire nous en approcher plus sûrement.
Une chose surprenante, c'est le peu de progrès qu'a faits la science depuis Aristote, relativement à la connaissance de la nature du sommeil. Voici un résumé de ce qu'en pensait le grand philosophe :
Quand les sens de l'homme exercent leur activité,
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nous disons qu'il veille ; quand leur activité est suspendue, nous disons qu'il dort. Le sommeil est donc une affection de la sensibilité : ce n'est donc pas un état qui appartienne seulement au corps, c'est une manière d'être du composé*. Mais le composé et la sensibilité elle-même sont choses fort complexes ; où est le siège du sommeil ? — Puisque le sommeil arrête l'activité non pas d'un sens en particulier mais de tous à la fois, il doit avoir proprement sa place dans cette puissance qui est la source ou le réservoir de la sensibilité. Or cette puissance est le smsorium commune : elle est liée et réduite à l'inaction, l'on comprend que, par le fait même, toute activité s'arrête en chacun des sens. C'est donc en elle qu'il faut placer le siège vrai du sommeil- : et le sommeil, d'après cela, pourra se définir : une immobilisation, ou mieux — les juristes me pardonneront, et ne se tromperont point sur la signification peu usitée que je vais donner au mot — une saisie -arrêf du sensorium commun. « Tou TrpoTou ai(j6y,Tripiou xa-raXr,']/!; Trpo; to [j,r^ ouvac6ai IvspYsTv )> ^, « immoUUtas sensus et quasi vinculum » ^.
Diverses causes peuvent le produire : la fatigue, la maladie, l'âge; mais la cause propre, normale, du sommeil, ce sont les vapeurs auxquelles donnent naissance les aliments reçus et élaborés par l'estomac et le foie : ces vapeurs montant au cerveau s'y condensent, redescendent en provoquant de l'obstruction dans les veines,
i.nEPi niNor, a.