‹ L'hypnotisme francChapitre 190 sur 240 · CE QUE L'ON SAIT DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

CE QUE L'ON SAIT DU SOMMEIL

refoulent ainsi la chaleur et les esprits animaux ' nécessaires au fonctionnement des organes, et du même coup immobilisent le sensorium commun-.

Quant au but assigné au sommeil par la nature, c'est, en réparant les forces de l'oro-anisme, de rendre la veille plus active : « car la veille n'est pas moyen, mais fin. A qui est doué, en effet, de sensibilité ou de raison, sentir ou penser est ce qui est meilleur : et ce qui est meilleur est fin, piXxifsia yàp xauTa to oi réXoç S^Xtictov )) ^. Ainsi pensait et raisonnait Aristote sur la nature du sommeil et sur ses causes.

Que la fin qu'il lui assigne soit bien celle que veut la nature, les physiologistes modernes n'y contrediront pointa II n'en sera pas de même en ce qui concerne sa cause productrice. Sans doute, l'on admet encore une influence de la nourriture sur le sommeil, mais on l'explique d'une façon qui paraît inconciliable avec l'interprétation aristotélicienne. Il semble bien, en effet, qu' Aristote, par sa théorie, doive être compté parmi ces physiologistes qui, comme Bouchard, Pfliiger, Herzen, Sergueyeff, etc., expliquent l'origine du sommeil par une stase ou congestion cérébrale : or cette explication n'est plus en faveur à l'heure qu'il est-^. L'on se souvient de la curieuse expérience de Durham qui, ayant trépané le

1. Y. Albert le Grand, De Somno et Viffilia, lib. I, tract. I, cap.

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