‹ L'hypnotisme francChapitre 19 sur 240 · Uid., p · texte numérisé non relu

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ébranlé, et sent le besoin de « rappeler cette vérité, doni il est hidispen sable cVètre bien pénétré^ que le domaine de l'hystérie est ùifimmenf plus vaste qu'on ne le croyait autrefois. C'est une des maladies nerveuses les plus fréquentes, qui peut atteindre l'enfant, l'adulte et le vieillard, les deux sexes, que les causes les plus diverses, influences morales, traumatismes, intoxications, infections, sont susceptibles de provoquer » ' .

Mais les adversaires, qui ne croient nullement <( indispensable d'être bien pénétrés ^) de l'idée de M. Charcot, et désirent simplement connaître la vérité, reprennent les assertions de M. Pitres et de M. Babinski et les replacent impitoyablement à la lumière de l'expérience et des faits.

Les faits, quels sont-ils donc ?

Un premier fait, c'est que Hansen en Allemagne, Donato en France, en Kussie, en Belgique, en Italie, loin de s'attaquer à des sujets maladifs ou déprimés, choisissaient les hommes les plus robustes, les tempéraments les plus sains. Pour ne parler que de Donato, on sait qu'à Yincennes il hypnotisa quantité de sous-officiers qu'avaient choisis et que lui avaient présentés les officiers supérieurs ; à Brest, il hypnotise des médecins et des étudiants ; à Lille, vingt étudiants sous les yeux de leurs professem-s de la Faculté de médecine ; à Turin, au théâtre Scribe, trois cents jeunes gens et quarante officiers de la garnison ; à Milan, il hypnotise des journa-

1. Leçon sur V hypnotisme et Vhystèrie, Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, n° du 25 juillet 1891.

listes et nombre d'étudiants de l'Académie et du Poljtechnicum ' . Et il nous faudrait croire que tous ces soldats, tous ces officiers, tous ces journalistes, tous ces professeurs, tous ces étudiants sont des hystériques ou des névropathes ?

Les succès d'hypnotisation obtenus par Donato sont indiscutables et à l'abri de tout soupçon : nous en avons pour garant, entre autres, le docteur Morselli, directeur de l'asile des aliénés de Turin, qui non content d'assister aux séances et de tout contrôler, a voulu lui-même être endormi par le célèbre hypnotiseur -.

Que si l'on ne veut admettre que les témoignages d'hommes de science, nous ne serons pas embaiTassés pour en fournir.

D'abord il nous faut revenir à M. Liébeault et faire observer que ses expériences ne se sont pas bornées aux huit ou neuf cents sujets des années 1887 et 1888 : il a continué ses travaux, et en 1891, quand il publiait sa Thèrcqmdique suggestive, le nombre des personnes qu'il avait hypnotisées dépassait sept mille cinq cents. Or, au cours de cette longue pratique de l'hypnose, la proportion des sujets trouvés sensibles aux manœuvres hypnotiques, loin de s'abaisser, s'est plutôt accrue ; et de cette colossale statistique, il résulte toujours que sur cent sujets pris au hasard, quatre-vingt-dix au moins s'endorment, et plus de quinze arrivent jusqu'au somnambulisme, M. Pitres restant avec son aveu a que l'hystérie avérée n'a pas ce degré de fréquence ».

1 . P. Franco, L' ijmotismo tornato di moda, p. 33. 2. '^iovs^Wi, Il viagnetismo animale, \}. 2 et suiv.

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Mais voici un autre hypnotiste qui rivalise avec M. Liébeault, et jouit de la plus haute consMération dans le monde scientifique : c'est M. le D"" Wetterstrand, de Stockholm, que nous avons déjà nommé. De janvier 1889 à janvier 1890, M. "\^"etterstrand a hypnotisé trois mille cent quarante-huit personnes. Yeut-on savoir combien sur ce nombre ont été réfractaires ? Quatre-vingt-dix-sept : g uatre-vingt-cli,r-se[jt sur trois mille cent ciuarante-huit ^

A Amsterdam, le docteur van Reterghem et le docteur van Eeden cultivent avec ardeur et succès l'hypnotisme. Or, sur quatre cent quatorze personnes, ils ont réussi à en endormir trois cent quatre-vingt-quinze.

« Durant une année, nous dit M. Forel, de Zurich, j'ai opéré sur deux cent cinq sujets, parmi lesquels plusieurs étaient atteints de maladie mentale : cent soixante et onze ont été influencés, trente-quatre, non. Dans la suite, j'ai hypnotisé cent cinq personnes, onze seulement ont résisté. Et encore, trois personnes que je n'avais pas d'abord réussi à influencer, ont été endormies plus tard avec une grande facilité -. »

Mais un témoignage particulièrement intéressant dans la matière, est celui de M. le D' Ringier. Dans la jDréface d'un hvre dont le titre pourrait se traduire ainsi : Résultats de Vhyjjnotisme tlièra/peutiqii.e obtenus par un médecin de campagne ^, M. Ringier écrit ce qui suit : « Les sujets que j'ai hypnotisés appartiennent à une

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