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M. de Manacéine, le Sommeil, p

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tion élective », « très curieux et capital dans le somnambulisme ' )), se retrouve dans le sommeil ordinaire ; et il est absolument avéré que certains dormeurs, non seulement voient et entendent, mais ne voient et n'entendent que certaines choses et certaines personnes -.

Je n'ai pas besoin de dire que l'imagination, la mémoire sensitive, l'émotivité ne restent pas davantage inactives pendant le sommeil : nos rêves, nos cauchemars et les terreurs qu'ils nous causent en certains cas, nous en ont assez instruits. Mais le point sur lequel je dois attirer l'attention, c'est l'intensité qui marque fréquemment l'action des sens internes chez le dormeur, o: Les impressions qui s'y produisent pendant le jour, si elles ne sont exceptionnellement profondes et fortes, sont effacées par celles plus grandes que la veille y fait naître ; mais le contraire a lieu pendant le sommeil : alors, en effet, des excitations minimes paraissent fort grandes. Ainsi, comme l'expérience nous l'apprend, qu'un bruit à peine perceptible vienne frapper l'oreille du dormeur, et il pensera à la foudre et au tonnerre ; un petit écoulement de pituite lui semblera du miel ou quelque liqueur savoureuse; un développement de chaleur en telle ou telle partie de son corps lui fera imaginer qu'il traverse un brasier et qu'il brûle, y^ Ainsi parlait Aristote ^ Je lis dans un de nos physiologistes les plus distingués : « Les impressions produites (pendant le sommeil) ne sont plus, comme à l'état de veille,

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