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demanderaient plusieurs heures pour se réaliser ^ Il est donc bien avéré que les sens intérieurs comme les sens extérieurs peuvent agir, et avec une intensité surprenante, pendant le sommeil.
Les nerfs moteurs et les muscles volontaires n'y sont pas davantage liés et enchaînés. Qui n'a vu un dormeur, sans s'éveiller le moins du monde, changer une position gênante contre une position plus commode, écarter de la main la couverture qui l'empêche de respirer, une mouche qui lui courait sur le visage ? Bien plus, l'on exécute quelquefois en dormant des actes, ou Ton garde des attitudes, qui supposent un jeu de muscles énergique autant que bien concerté. — Un jour, pendant que nous traversions le désert de Sin, la chaleur étant accablante, je m'endormis sur mon chameau. Tout à coup, j'entendis la voix de notre vieux Scheik Solyman qui me criait : « Abouna Daoud » ! Je me réveillai. Pendant mon sommeil, qui avait pu durer cinq minutes, j'étais resté bien en selle, et n'avais pas laissé tomber un livre que je tenais à la main. Quelques instants plus tard, Soljman lui-même s'endormait sous mes yeux, et, sur sa monture, gardait miperturbablement l'équilibre. — Voici un fait plus étrange, que j'ai entendu raconter à un vénérable chanoine de cathédrale. Etant encore jeune prêtre, cet ecclésiastique voulut un jour se rendre à une paroisse voisine pour y assister à quelque cérémonie religieuse. La distance à parcourir