Commenta)-. De Anima, lib. III, lect. XY
par l'imagination : il est évident, en effet, que nous ne saurions youloir un mouvement que nous ne nous figurons d'aucune manière. La seconde est que l'imagination nous montre ce mouvement comme un bien, comme avantageux ou agréable : l'objet de la volonté étant le bien, nous ne pouvons vouloir que ce qui est bon, ou paraît être tel et nous convenir de sorte ou d'autre. Cela revient à dire que l'image n'est vraiment motrice que sous le bénéfice du jugement de la raison ou de l'estimative appréciant comme désirable le mouvement qu'elle représente ' . La troisième condition est celle qui nous importe le plus : elle exige que l'image représente un bien actuel « bonum actuale », c'est-à-dire un bien réalisé ou rèalisalle. Xous l'avons vu, en effet -, ce qui sollicite la volonté, ce n'est pas un bien qui n'existe qu'à l'état d'abstraction ou purement chimérique, mais un bien actuellement réel ou qui du moins peut le devenir. Si donc l'imagination ne montrait à la volonté qu'un mouvement irréalisable, si désirable qu'il fût par ailleurs, la volonté ne ferait pas le moindre effort pour actionner les membres et les déterminer au mouvement. Il va de soi que ces trois conditions, qu'on applique tout d'abord aux mouvements de translation et de préhension, doivent pareillement être entendues des mouvements que l'expérience nous a enseigné être nécessaires pour l'émission de la voix et l'articulation des mots. Aussi saint Thomas, dans un passage
1. Albert le Grand, De motihns animalium^ lib. II, tractât. II, cap. V.