Le Corps et l'Esinit, p
404 L'HYPNOTISME FRAXC
en Amérique sous Georges III, devint malade d'hydropisie. Au bout d'un an il fut renvoyé de l'hôpital naval. Le docteur Cocks l'engagea à laisser tous les remèdes de côté pour le moment et à se soumettre au seul traitement qui pût actuellement lui sauver la vie, c'est-àdire à une opération chirurgicale : cette déclaration fit sur lui l'effet d'une décharge électrique. Malgré la fièvre qui l'accablait, il s'agita, tout inquiet. liorsque son émotion fut un peu calmée, il dit d'une voix très faible : (( Je ne pourrai jamais supporter une opération; j'aime mieux mourir ! — Si c'est là votre décision, répliqua le médecin, vous pouvez vous considérer comme perdu ; toutes les drogues du monde ne vous sauveront pas. A tout hasard je viendrai demain matin vous voir, pour connaître votre dernier mot. » Effectivement, M. Cocks revint le voir; mais la situation avait changé. Peu de temps après son départ, le malade avait paru énormément troublé de corps et d'esprit ; il gémissait profondément ; il pleurait abondamment, et ne pouvait se calmer. Le seul mot d'opération avait en réalité fait merveille. Il se produisit une transpiration abondante ; à travers les pores de la peau, il sortit des flots de liquide ; on eût dit de l'eau bouillante. Cela dura toute la nuit. Toute la literie, depuis les sangles jusqu'à la couverture, fut imprégnée de sérosité : il y en avait jusque sur le plancher. Le malade guérit et fut engagé de nouveau sur un navire en partance pour la Jamaïque. Il mourut deux ans après, de la fièvre jaune '. »