‹ L'hypnotisme francChapitre 230 sur 240 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

subite se couvrir de sueur, le Christ, dont le corps était si délicat, n'aurait-il pas natunllemcnt sué du sang, au spectacle de l'ignominieux supplice qui l'attendait, ciir ita Chrhtum, qui deJicatissùme naturœ

erat non diannus naturaliter, aj^prehemo ignominîosissùno génère morfis, sangv.inem siidavisse? — Est-ce que je n'entends pas raconter, par ceux qui l'ont vu ou connu, aiidio de his qui vidprunt oui cognoverunt , qu'il y a deux ans, à Paris, un homme robuste et bien portant, ayant ouï prononcer contre lui la sentence de mort, fat subitement couvert d'une sueur de sang? audita in se capitcdi sente ntia sudore sanguineo fuisse perfusum? )>

Une opinion qui peut se recommander de saint Thomas, Cajetan, Suarez, ^laldonat, ne manquera point, selon toute probabilité, de se gagner un nombre considérable de partisans dans le monde des théologiens. Que tel ait été le cas, en particulier, pour celle dont nous parlons, nous allons en acquérir la certitude tout à l'heure, en lisant le témoignage que nous en donne un des hommes les plus érudits de l'Ordre Bénédictin, llllustre Dom Calmet. Dans une dissertation spéciale sur la <c sueur du sang de Jésus-Christ » ^ il soutient expressément, et avec tous les développements scientifiques, la thèse de Suarez et de Maldonat. Or, voici en quels termes, pour nous d'une grande importance, il l'énonce :

1. Dissertât iones in Vêtus et Xovum Testamentum. Dissertatio de sudore sanguinis Jesu Christi.

414 L'HYPXOTISME FRAXC

« L'opinion commune des théologiens enseigne que cette sueur de sang fut naturelle, mais coula plus yiolemment et en plus grande abondance que cela n'an'ive d'ordinaire, communis opixio doccf, surJorem iUum sanguinmm natvraUm quùlem fuisse, sed majori expressum vi et co2)ia, quam soleat jihrumqup. Et, de fait, les exemples abondent d'une sueur de sang se produisant sans miracle, sous le coup d'une frayeur subite, exempJa quiiJem. multa suppetunt sudoris scniguinei, ex inopinufo terrore seu discrimine sine miraculo edurfi ^ » Et le savant moine présente, en effet, une riche collection d'exemples décisifs, dans laquelle nous pourrions puiser , si nous n'étions déjà suffisamment reuseignés par ailleurs.

La seule chose sur laquelle je veuille insister, c'est que Dom Calmet affirme que sa théorie sur la sueur de sang du Christ, comme phénomène suivant tout naturellement l'action violente exercée par l'imagination sur la sensibilité de Jésus, est l'enseiguemeut commun des théologiens : « communis opinio doret ». J'avais donc raison de dire, il y a un instant, qu'en attribuant à l'imagination, en certains cas, et en certains sujets, le pouvoir de faire apparaître des gouttes de sang sur la peau, je n'innovais point, et ne faisais que reproduire

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