‹ L'hypnotisme francChapitre 232 sur 240 · Summa Theolog.^ I, q. 70, a. G, ad · texte numérisé non relu

Summa Theolog.^ I, q. 70, a. G, ad

l'acte de notre corps en tant qu'il est à la fois réalité organique et physique, ipsa est j)e?'fectio onjanici et pli ysici cor ports, il n'y a rien dans notre corps qui soit totalement étranger, et ne soit pas soumis en quelque manière aux mouvements, aux émotions de l'âme, nihil est in corpore animât o quod non subch.dur iicr aliquem modnm animœmotihusK »

La conséquence est légitime. Mais nous pouvons poursuivre et conclure à notre tour, en précisant : donc^ à l'idée et au sentiment les plus élevés, par exemple à l'idée de Dieu la plus sublime, engendrant l'acte d'amour de Dieu de la spiritualité la plus pure, le corps pourra s'émouvoir, et, d'une façon si humble que ce soit, marquer qu'il s'associe : cela peut se faire, puisque c'est la même âme qui subsiste dans l'homme, y communiquant à tout la vie et l'acte, depuis les sommets de l'intelligence jusqu'aux dernières profondeurs delà matière ; puisque Pâme raisonnable étant forme substantielle du corps, un acte de l'âme produit par la plus haute de ses puissances peut, comme une sorte de vibration vitale se communiquant de proche en proche et par degrés, influencer jusqu'aux parties infimes de l'organisme.

Mais, si l'intelligence et notre volonté supérieure, facultés tout intellectuelles, peuvent exercer une telle action sur le corps, il se comprend encore beaucoup mieux que l'imagination et l'émotivité exercent une action

1. De Somno et Vigilid, lib. I, tract. I, c. 7. — Ibid., lib. II, tract. II, c. 2. Conf. S. Thomas, Summa Theoloff., I. II, q. 117, a. 3, ad 3.

semblable, puisque Tune et l'autre sont des facultés ayant leur siège dans des organes et opérant par des organes. Et, dès lors, il ne paraîtra plus si étrange qu'un sujet dont l'imagination est violemment frappée, prétende en ressentir quelque contre-coup en telle ou telle partie de son corp s. Voilà ce que nous enseigne et nous permet de comprendre la philosophie. C'est peu, sans doute ; mais du moins ces données sont fondamentales ; et sans elles les découvertes les plus brillantes de la physiologie n'éclaireraient que la surface du problème.

Cette dernière science, elle aussi, nous donne quelque lumière.

Saint Thomas avait déjà observé que, quand par le fait, soit d'une idée, soit d'une image, une émotion s'élève dans l'homme, le cœur est atteint aussitôt, et plus sensiblement que les autres organes : ce semjier actiun appetitiis sensitivi concomitatur aliqua transmutai io coiyoris, et maxime circa cor '. » Claude Bernard a confirmé, par des expériences célèbres, cette remarque de saint Thomas ; et, vers la fin de sa belle leçon sur la « Physiologie du Cœur », voici ce qu'il nous dit : a La science physiologique nous apprend que, d'une part, le cœur ressent l'impression de tous nos sentiments, et que, d'autre part, le cœur réagit pour renvoyer au cerveau les conditions nécessaires de la manifestation de ces sentiments... Dans l'émotion, il y a toujours une impression initiale qui surprend en quelque sorte et arrête très lé-

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